Prix des carburants : Les forces de l'ordre ont débloqué le dépôt pétrolier de Rennes

MANIFESTATION Depuis mardi soir 21 heures, les entrées et sorties étaient filtrées à l’entrée du dépôt pétrolier de Total de Vern-sur-Seiche. Les gendarmes et CRS ont négocié le départ des manifestants

Camille Allain
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Prix de l'essence : des dépôts pétroliers bloqués en France — 20 Minutes
  • Après Brest et Lorient, les professionnels du BTP ont bloqué le dépôt pétrolier de Vern-sur-Seiche, près de Rennes de mardi à mercredi soir.
  • Ils espèrent faire pression sur l’Etat pour obtenir un allègement des taxes sur les carburants, dont les prix ont flambé ces dernières semaines.
  • Beaucoup de patrons d’entreprises expliquent perdre de l’argent en travaillant en raison du prix du gazole.

EDIT DU 16/03 A 21 HEURES : Les forces de l'ordre sont intervenues sur ordre du préfet pour évacuer le dépôt pétrolier de Vern-sur-Seiche «afin d’éviter toute rupture d’approvisionnement dans le département», selon la préfecture. Les manifestants ont quitté le site, à 19 heures, dans le calme. Le dépôt de Lorient a également été débloqué par les forces de l'ordre dans la soirée.

Beaucoup n’ont pas dormi de la nuit. A Vern-sur-Seiche, près de Rennes, une quinzaine de personnes sont réunies autour d’un maigre feu ce mercredi matin. Depuis 21 heures mardi soir, ces professionnels du bâtiment et des travaux publics bloquent les abords du dépôt pétrolier exploité par le groupe Total situé à quelques kilomètres au sud de Rennes. Ils étaient une petite centaine mardi soir, bien décidés à montrer à l’État que leurs entreprises ne peuvent pas assumer seules la hausse du prix des carburants. Dès mardi matin, les dépôts de Lorient (Morbihan) et Brest (Finistère) avaient également été bloqués​ par des manifestants.

A Vern-sur-Seiche, seuls les camions-citernes livrant du gazole non routier sont autorisés à entrer pour s’approvisionner. « Certaines professions comme les agriculteurs en ont besoin. On ne veut pas les bloquer », glisse l’un des manifestants. Mardi soir, plusieurs agriculteurs sont venus garer leurs tracteurs sur la route menant au dépôt, afin d’empêcher les citernes de s’approcher. La plateforme de Vern est directement alimentée par un pipeline qui la relie à la raffinerie de Donges (Loire-Atlantique).


Avec le blocage de plusieurs sites pétroliers, les professionnels du BTP entendent faire pression sur l’État, faisant craindre une ruée sur les pompes, malgré des prix encore très élevés. « Aujourd’hui, on perd de l’argent chaque jour où l’on va travailler », estime Fabien, patron d’une entreprise de transport de matières premières pour le bâtiment. Ses camions consomment environ 250 litres de gazole par jour. Avec l’explosion du prix, il estime perdre « 120 par jour » s’il continue à travailler. Les manifestants réclament une baisse des taxes sur les carburants par l’État pour faire baisser le prix du litre. Et la promesse de 15 centimes par litre promise par Jean Castex au 1er avril ? « Mais 15 centimes par rapport à quoi ? Si on est à 3 euros le litre, on aura l’air malin », s’agace Ludovic, patron d’une entreprise de terrassement.