Rennes : Bientôt un nouveau lieu pour aider et écouter les femmes victimes de violences

VIOLENCES FAITES AUX FEMMES Porté par le CHU, la ville de Rennes et l’association Asfad, la structure d’accueil ouvrira ses portes en juin 2023 à l’entrée de l’hôpital Sud

Jérôme Gicquel
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Le projet s'inspire de celui de la Maison des femmes qui a vu le jour au centre hospitalier de Saint-Denis.
Le projet s'inspire de celui de la Maison des femmes qui a vu le jour au centre hospitalier de Saint-Denis. — Eric Dessons/JDD/SIPA
  • A Rennes, un nouveau lieu d’accueil, d’écoute et de soins pour les femmes victimes de violences ouvrira ses portes à l’été 2023 sur le site de l’hôpital Sud.
  • Le projet est porté conjointement par l’association Asfad, le CHU et la ville de Rennes.
  • Dans ce futur lieu, l’approche sera pluridisciplinaire avec la présence de soignants, de travailleurs sociaux et de professionnels du droit.

Cent treize femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2021 et déjà seize depuis le 1er janvier selon le macabre décompte du collectif « Féminicides par compagnons ou ex ». Les chiffres font froid dans le dos. Mais ils ne témoignent que du paroxysme des violences conjugales que subissent chaque année plus de 220.000 femmes en France. A Rennes, cela fait plus de 35 ans que l’association Asfad est au chevet de ces femmes qui souffrent en silence après avoir été violées, battues ou harcelées dans leur vie conjugale ou familiale.

Mais la parole des victimes se libère progressivement comme en témoignent les 1.800 appels reçus l’an dernier sur la ligne d’écoute de l’association ouverte 24h/24 et sept jours sur sept. Pour les situations d’urgence, l’Asfad se charge aussi de mettre en sécurité ces femmes et leurs enfants, souvent covictimes, dans des appartements ou à l’hôtel. Au 146 rue de Lorient, l’accueil de jour propose également un accompagnement social et juridique. « La question de l’émancipation de ces femmes est très importante à travers notamment leur insertion professionnelle », souligne Maëlle Daniaud, directrice générale de l’association.

Soignants, travailleurs sociaux et professionnels du droit réunis

Dans un peu plus d’un an, courant juin 2023, l’Asfad déménagera dans un nouveau lieu d’accueil, d’écoute et de soins sur le site de l’hôpital Sud. Inspiré de l’expérience de la Maison des femmes à Saint-Denis ou de Citad’elles à Nantes, ce projet est porté conjointement par l’association, le CHU et la ville de Rennes, qui a voté lundi soir au conseil municipal une subvention de 1,3 million d’euros pour financer sa construction. « On ne part pas de zéro sur la question de la lutte contre les violences faites aux femmes avec de nombreux acteurs qui œuvrent déjà sur le territoire, indique Geneviève Letourneux, conseillère déléguée aux droits des femmes et à la lutte contre les discriminations. Mais il y avait un constat partagé qu’il fallait un meilleur accompagnement. »

L’approche se veut ainsi pluridisciplinaire avec une équipe qui sera composée de soignants, de travailleurs sociaux et de professionnels du droit afin d’offrir « un accompagnement cousu main à ces femmes qui ont besoin de proximité, de disponibilité et de respect de leur temporalité », précise Maëlle Daniaud.

« Permettre à ces femmes de se reconstruire »

Implanté sur le site de l’hôpital, ce futur lieu permettra ainsi une prise en charge rapide des femmes victimes de mutilations sexuelles ou souhaitant avorter. Imaginée comme un cocon, la structure offrira aussi des espaces de vie ou de repos avec la possibilité d’y déposer des affaires, d’y laver son linge et de se faire à manger. « Il faut que ce soit sécurisant, confortable et agréable pour permettre à ces femmes de se reconstruire », souligne la directrice générale de l’Asfad.

Diverses activités individuelles ou collectives seront également proposées pour libérer la parole ou retrouver confiance en soi à travers notamment des ateliers bien-être ou psychocorporels. A son ouverture, le lieu d’accueil occupera un espace de 380 m² à l’entrée de l’hôpital Sud avant de déménager, comme toutes les activités de l’établissement, vers le site de Pontchaillou.