Marseille : « Le CBD est un phénomène durable » Un premier salon se tient au parc Chanot, qui espère 10.000 visiteurs

PAS QU'UN EFFET DE MODE Pour les acteurs de la filière, le phénomène est une tendance durable au regard des nombreux bienfaits et produits à découvrir au salon

Caroline Delabroy
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Des plantes de CBD en fleurs chez un producteur en Suisse
Des plantes de CBD en fleurs chez un producteur en Suisse — Fabrice COFFRINI / AFP
  • Marseille accueille dimanche et lundi prochains un salon du CBD, avec plus de 130 exposants venus de France et d’étranger.
  • Si le marché est dans l’expectative de l’éventuelle confirmation, par le Conseil d’Etat, de l’interdiction de la vente et de la consommation de fleurs de CBD, il se porte bien et pèse 1 milliard d’euros.
  • Pour les acteurs de la filière, le salon est l’occasion de faire connaître les bienfaits de ce produit non psychotrope, et de montrer qu’elle existe, se structure et travaille sur sa qualité.

Il a conçu sa tournée à l’image d’une production musicale. D’abord un rodage à Marseille, dimanche et lundi prochain au parc Chanot, puis un tour à Lyon en mai prochain, avant Paris et Strasbourg. « C’est le premier salon officiel du CBD et du chanvre en France, avec plus de 130 exposants présents », se réjouit Marc Assous, commissaire général, à qui l’on doit d’avoir organisé l’un des tout premiers salons de la cigarette électronique. Quand peu encore croyait en l’avenir de ce marché.

Pour Charles Morel, avocat et président de l’Union professionnelle du CBD, la molécule non-psychotrope du cannabis, la tenue de ce salon est une « excellente chose ». « Cela permet aux différents acteurs de la filière d’échanger, et de montrer qu’on a une véritable filière qui existe, se structure et s’organise ». Et qui, de la production à la vente, pèse son poids : « C’est un marché estimé à 1 milliard d’euros, avec 70 % pour les fleurs de CBD », rappelle-t-il.

Epée de Damoclès sur le marché

Outre que « 10 % des Français disent aujourd’hui en consommer ponctuellement », ce qui promet une marge de progression certaine, « le CBD est un phénomène durable », selon Charles Morel. L’Union professionnelle travaille sur la traçabilité des produits, et par là même la qualité de la filière, enjeu auquel elle se sait confronter.

Car une épée de Damoclès pèse sur le CBD depuis l’interdiction par le gouvernement, fin décembre, de la vente et de la consommation de fleurs en contenant. Le Conseil d’Etat a offert un peu de répit en suspendant cette décision, mais il doit encore se prononcer sur le fond d’ici à quelques mois. C’est dans ce contexte que s’inscrit la tenue du salon à Marseille. Marc Assous entend mieux faire connaître les bienfaits du CBD et ne cache pas qu’il aimerait, au passage, dissiper des malentendus : « Il y a un manque d’informations. Le CBD, ce n’est pas pour faire des joints, ce n’est pas une molécule psychotrope, c’est important de le savoir. Cela soigne l’anxiété, les maux de tête, le stress, les troubles du sommeil. »

« Aujourd’hui, on compte plus de 2.000 boutiques de CBD, et c’est sans compter les magasins de bien-être et les pharmacies qui en vendent, ajoute-t-il. Les gens vont pouvoir voir des exposants venus de toute l’Europe et des Etats-Unis, et découvrir la variété des produits. Le CBD, c’est de la fleur, mais aussi de la cosmétique, de l’alimentation, des produits pour animaux. » Au parc Chanot, il espère accueillir aussi « des parents qui s’inquiètent d’un produit qui a la même odeur que le shit », même si « la clientèle du CBD est plutôt entre 25 et 55 ans ». Près de 2.500 visiteurs se sont déjà préinscrits à Marseille, il en espère près de 10.000.

Le salon se tient dimanche 20 mars et lundi 21 mars au Parc Chanot à Marseille. Entrée en prévente sur le site 12 €, et 15 € directement sur place.