Guerre en Ukraine : Depuis Nantes, la grosse mobilisation des ambulanciers solidaires

SOLIDARITE Jeudi matin, une petite vingtaine d'ambulances et de minibus vont quitter Nantes direction l'Ukraine

Julie Urbach
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L'opération se prépare dans les locaux de la société Assistance ambulance à Rezé
L'opération se prépare dans les locaux de la société Assistance ambulance à Rezé — F. Brenon/ 20 Minutes
  • Jeudi, un convoi d'ambulanciers va acheminer du matériel médical en Ukraine.
  • Ces véhicules, qui partiront pour la plupart de Nantes, seront suivis par des minibus, qui rentreront avec des réfugiés.

Le rendez-vous est fixé à 3h45. Dans la nuit de mercredi à jeudi, un convoi un peu particulier va partir de Nantes en direction de l’Ukraine, où la guerre fait rage depuis près de 15 jours. Sept ou huit ambulances, suivies par une dizaine de minibus, s’apprêtent à avaler les 2.000 km qui les séparent de la frontière. « Là-bas, la population souffre, les ambulances manquent, explique Patrick Youx, gérant de la société Assistance ambulance à Rezé. C’est une goutte d’eau peut-être, mais on ne pouvait pas rester là sans bouger. »

Son appel, lancé il y a une semaine dans le département de Loire-Atlantique, après avoir discuté avec un collègue dont la femme est Ukrainienne, a fait boule de neige. D’autres sociétés d’ambulances des quatre coins de la France ont répondu présent pour participer à cette initiative appelée « Solidarité ambulancière France-Ukraine », et de nombreux partenaires, comme les pompiers et des établissements hospitaliers, se sont manifestés pour leur fournir du matériel médical.

Les véhicules resteront sur place

« Au total, c’est une quinzaine d’ambulances qui partiront de toute la France, calcule Patrick Youx, qui s’était déjà mobilisé en ce sens pour la Syrie, ou l’ex-Yougoslavie. On se rejoindra à Metz et nous finirons la route ensemble. Une fois sur place, nous distribuerons des produits de première nécessité, comme des pansements, des garots, du matériel de chirurgie, mais aussi des couches ou du lait pour enfants. Les véhicules sont des dons également, ils resteront là-bas. Ils serviront là où les besoins sont les plus importants, notamment pour les transferts entre hôpitaux. »

Certains ambulanciers resteront sur la zone de conflit, alors que d’autres repartiront en car. Une organisation lourde mais facilitée par « des contacts avec des associations et le quai d’Orsay », ainsi qu’avec l’ambassade de France en Pologne, par où transitera ce long convoi, qui devrait arriver à la frontière samedi matin.

Les minibus ramèneront des réfugiés

Car en plus des ambulances, plusieurs minibus de la société de transport Titi Floris participeront au voyage. Des chauffeurs volontaires ont été recrutés pour conduire ces véhicules, qui contiendront aussi de multiples dons. Une collecte de couvertures, nourriture, et produits d’hygiène est d’ailleurs toujours en cours au Forum Titi à Orvault, jusqu’à ce mercredi soir. Ils feront le retour avec une quarantaine de réfugiés ukrainiens, qui seront déposés en Allemagne ou ramenés en France, selon les demandes.

Si tout se passe bien pour cette cinquantaine de volontaires, un deuxième convoi d’une quinzaine d’ambulances encore pourrait partir d’ici dix à quinze jours. Des transferts de matériel médical, notamment des lits, sont en cours d’organisation avec l’aide d’un poids lourd.