Guerre en Ukraine : La demande de drapeaux bleu et jaune flambe, les fabricants en surchauffe

INDUSTRIE Depuis le début du conflit, la demande de drapeaux ukrainiens est en forte hausse en France, et les fabricants s’organisent pour fournir les collectivités dans l’urgence

Mickaël Bosredon
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Fabrication du drapeau ukrainien dans une usine française
Fabrication du drapeau ukrainien dans une usine française — Sameer Al-DOUMY / AFP
  • Les fabricants de drapeaux sont submergés par les demandes, essentiellement des collectivités locales.
  • A Bordeaux, la société Drapeaux Dejean Marine doit ainsi produire 100 à 200 drapeaux ukrainiens par jour, alors que la demande était quasiment inexistante avant le conflit.
  • Le patron de cette PME prévient qu’il faut compter un peu de délai.

Ils sont passés d’une production de quatre à cinq drapeaux ukrainiens par an, à plus d’un millier en quelques jours. En France, les fabricants de drapeaux sont submergés par les demandes, essentiellement des collectivités locales, depuis le début de la guerre en Ukraine.

« Dès le lendemain de l'invasion russe en Ukraine, nous avions de premières demandes de drapeaux, raconte Arnaud de Leissègues, patron de la société Drapeaux Dejean Marine à Bordeaux (Gironde). Et à partir du lundi suivant, nous sommes passés à plus de 100 demandes quotidiennes, alors que, je ne vous le cache pas, le drapeau ukrainien, nous n’en faisions pas tous les jours. »

« Il y a même des mairies qui nous ont envoyé des chauffeurs »

Les fabricants de drapeaux peuvent connaître des pics de commande, pour des matchs de football, ou pour des syndicats avant d’importantes manifestations. Mais pour un drapeau étranger, « c’est totalement inédit », assure Éric Borney, patron d’une entreprise familiale d’une trentaine de salariés basée à Argentan (Orne).

« Nous sommes submergés par les collectivités locales, poursuit Arnaud de Leissègues, il y a même des mairies qui nous ont envoyé des chauffeurs pour venir récupérer les drapeaux. » Une demande qui ne faiblit pas. « Hier nous étions à 200 commandes, aujourd’hui nous en avons eu une centaine… Cela vient de toute la France, de Strasbourg à Saint-Jean-de-Luz en passant par Bordeaux ou Angers. Généralement, il s’agit de commandes pour 10 à 30 drapeaux, mais cela peut monter jusqu’à 50. On essaie de répondre à cette urgence, de faire en sorte d’équiper les mairies comme les particuliers, mais ce n’est pas facile et il faut généralement compter un peu de délai quand même. »

Des clients qui « veulent être livrés très rapidement »

Parallèlement, l’entreprise bordelaise, qui compte une quinzaine de salariés, doit continuer de fournir les autres commandes de ses clients. « On fait des heures supplémentaires, je suis allé chercher des intérimaires, mais on a du mal, car tout est fait chez nous. »

Pour fabriquer un drapeau, « on part d’un rouleau de tissu blanc, sur lequel on imprime, puis on chauffe le tissu pour fixer et révéler la couleur, enfin les couturières découpent les rouleaux manuellement, et après ça passe à la couture, détaille Arnaud de Leissègues. Il faut compter un minimum de 24 heures pour l’imprimer et le chauffer. Après, la capacité de production varie en fonction de la taille du drapeau. Entre un petit drapeau de table, ou un tifo pour les supporteurs des Girondins, ce n’est pas pareil. Pour le drapeau ukrainien, on nous demande généralement des tailles de 100x150, 150x225, 200x300… »

La PME Borney a dû, elle, « s’organiser pour que les gens soient livrés sous 72 heures, quatre jours maximum, parce qu’ils veulent être livrés très rapidement », une exigence à laquelle l’entreprise ne doit que « très rarement » faire face.