Rouen : La première école vétérinaire privée de France ouvre à la rentrée et suscite la défiance d’une partie de la profession

FORMATION Les écoles vétérinaires publiques ne seront plus les seules à former les étudiants en France. Un établissement privé va ouvrir à Rouen (Seine-Maritime) à la rentrée

20 Minutes avec agences
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Un chat chez le vétérinaire pendant la crise du coronavirus (illustration).
Un chat chez le vétérinaire pendant la crise du coronavirus (illustration). — Varvara Gert'e/SIPA

C’est un projet qui hérisse le poil d’une partie de la profession depuis des mois. Depuis le vote au Sénat, fin 2020, d’un article de la loi de programmation de la recherche qui autorise les établissements d’ enseignement supérieur agricole privés à former les vétérinaires.

Jusqu’ici, la formation était uniquement assurée par les écoles nationales publiques : Maisons-Alfort ( Val-de-Marne), Toulouse ( Haute-Garonne), Lyon ( Rhône) et Nantes ( Loire-Atlantique). Fin du monopole. Une école vétérinaire privée ouvrira à Rouen ( Seine-Maritime) à la rentrée de septembre, une première en France, annonce Paris Normandie.

« L’institut polytechnique UniLaSalle, école d’ingénieurs dans les sciences de la vie, a développé ce projet en partenariat avec la métropole Rouen Normandie », s’est félicitée la ville dans un communiqué diffusé ce week-end. L’établissement ouvrira ses portes sur le campus universitaire de Mont-Saint-Aignan et les inscriptions sont accessibles sur Parcoursup.

93.000 euros de frais de scolarité

Cent vingt étudiants seraient espérés, selon le quotidien régional, qui rappelle que la formation « de six ans » coûtera 93.000 euros de frais de scolarité.
UniLaSalle est une école de statut associatif à but non lucratif, sous la double tutelle des Frères des écoles chrétiennes et de l’Institut catholique de Paris, rappelle l’établissement sur son site Internet. Dans une vidéo, son directeur général, Philippe Choquet, argumente sur le fait que les écoles françaises ne suffisent pas à couvrir les besoins vétérinaires du pays et que de nombreux praticiens suivent des formations à l’étranger, en Belgique et en Roumanie notamment. L’objectif serait donc de relocaliser.



Cette ouverture annoncée ne fait cependant pas l’unanimité. Des professionnels, qui réclament que l’Etat investisse plutôt dans les écoles nationales pour en augmenter les effectifs, dénoncent notamment un impact sur la recherche, sur le lobbying ou encore une rupture d’égalité, avec l’arrivée de ce cycle onéreux face à une entrée sur concours dans le public.