Eric Zemmour accusé de « comportements inappropriés et d’agressions sexuelles » par huit femmes

ENQUETE Eric Zemmour a reproché à Mediapart, qui a posté une enquête vidéo de plus de trente minutes, de « recycler des témoignages »

20 Minutes avec AFP
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Eric Zemmour, candidat à l'élection
Eric Zemmour, candidat à l'élection — Bertrand GUAY / AFP

Depuis deux premiers articles publiés en 2021, Mediapart recueille des témoignages de femmes qui « accusent » Eric Zemmour de « comportements inappropriés et d’agressions sexuelles ». Certaines s’expriment face caméra dans une enquête vidéo de 36 minutes diffusée ce mardi.

Devenue ingénieure, Claire raconte un bref stage, à 18 ans, au Figaro en 2002. Appelée pour aider l’éditorialiste sur un problème informatique, « je sens sa main dans mon dos qui fait des allers retours de bas en haut », affirme-t-elle. Pascale Sauvage, une ancienne collègue d’Eric Zemmour au Figaro, rapporte en avoir parlé à l’ancien journaliste. « Je lui ai dit, tu ne touches pas à la stagiaire ». « Il me dit : "Si maintenant on ne peut plus draguer les stagiaires. Les stagiaires, c’est quand même fait pour faire des pipes et du café". Il m’a dit ça, je suis sûre », affirme-t-elle.

« Bloquée contre la paroi de l’ascenseur et embrassée de force sur la bouche »

Une autre ancienne stagiaire, Séverine, l’accuse, en 1999 de « propositions très crues de relations sexuelles » et de l’avoir « bloquée contre la paroi de l’ascenseur et embrassée de force sur la bouche ». Parmi les autres témoignages, Gaëlle Lenfant, ancienne responsable aux droits des femmes du Parti socialiste (PS) accuse aussi l’ancien éditorialiste de l’avoir « embrassée de force » lors d’une université d’été du PS à La Rochelle au début des années 2000.

Elle s’était exprimée Le 24 avril 2021 sur Facebook à ce sujet. « Je me suis trouvée tellement sidérée que je n’ai rien pu faire d’autre que le repousser et m’enfuir en courant », relatait Gaëlle Lenfant, alors « jeune militante » socialiste.

Aucune plainte n’a été annoncée

Le 9 décembre 2021 sur France 2, interrogé sur les précédents articles de Mediapart, Eric Zemmour avait estimé ne « pas » avoir « à répondre. Je ne parle pas de ma vie privée, ces femmes-là m’accusent, sans aucune preuve, c’est parole contre parole ». Cette fois-ci, le candidat à la présidentielle n’a pas souhaité faire de commentaires auprès de Mediapart.

Son entourage a quant à lui jugé « minable » que Mediapart « recycle » des témoignages de femmes qui l’accusent de « comportements inappropriés et d’agressions sexuelles » quand il était journaliste, pour lesquels aucune plainte n’a été annoncée.« Mediapart veut faire un coup le jour de la journée (des droits) de la femme en recyclant des témoignages déjà sortis l’an dernier. Minable à cinq semaines du premier tour », a réagi l’entourage du candidat d’extrême droite à la présidentielle.