Nantes : Après les piqûres suspectes de clientes, les patrons de discothèques réagissent et veulent rassurer

INQUIETUDE Plusieurs signalements de piqûres, notamment dans des discothèques, sont révélés depuis une semaine. Les patrons d’établissements ont renforcé les protocoles de sécurité et veulent enrayer la chute de fréquentation

Frédéric Brenon
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A Nantes, le Warehouse peut accueillir jusqu'à 2.600 personnes chaque soir.
A Nantes, le Warehouse peut accueillir jusqu'à 2.600 personnes chaque soir. — FTNE
  • La justice a ouvert une enquête à la suite de plusieurs piqûres survenues au cours de soirées.
  • Une adminsitration de substances chimiques, notamment du GHB, est suspectée mais n’a pu être confirmée.
  • Les établissements ont renforcé la sécurité en vue du week-end.

Déjà fortement pénalisés depuis deux ans par les restrictions liées à la crise sanitaire, les établissements festifs nocturnes nantais subissent désormais l’inquiétude de la clientèle en raison de l'affaire des piqûres. Plusieurs jeunes, des clientes de bars et discothèques de Nantes pour la plupart, ont en effet rapporté avoir été piqués récemment par un objet indéterminé alors qu’ils dansaient ou discutaient. Tous présentaient une petite trace suspecte sur le corps. Certains disent avoir ressenti des vertiges ou maux de tête.

Dix plaintes ont été déposées. La justice, qui a invité les victimes à se manifester, a ouvert une enquête en fin de semaine dernière. Sans pouvoir, à ce stade, établir un lien avec une éventuelle administration de produits toxicologiques, notamment du GHB. Aucune agression sexuelle consécutive à une piqûre n’a été recensée.

« On n’a trouvé aucune seringue, aucune drogue, aucune aiguille »

« Quel est le but de cet acte malveillant ? D’injecter une substance ou de simplement semer la peur ? » s’interroge Simon Boisson, cogérant du Warehouse, la principale boîte de nuit nantaise. Le 24 février, après le signalement d’une cliente en pleine soirée, son établissement a « fouillé tout le monde par surprise », soit 2.600 personnes. « On n’a trouvé aucune seringue, aucune drogue, aucune aiguille. Rien non plus lorsqu’on a passé les locaux au peigne fin. Tout cela est extrêmement flou, on ne comprend pas. »

En attendant, l’affaire fait beaucoup de bruit sur les réseaux sociaux et la psychose est « déjà installée », considère Simon Boisson. « On subit une baisse de fréquentation très importante depuis le week-end dernier. On a aussi des clients qui sont extrêmement à cran. Quand il y a un frottement, ça déclenche une crise de panique. Il y a des personnes qui s’imaginent être piquées alors que pas du tout. C’est stressant. » « Les autres discothèques nantaises font le même constat sur la fréquentation », déplore Guillaume Toutin, coprésident de l’association Sécurité Nocturne Nantes, soulignant que « la profession n’avait pas besoin de ça ».

« La sécurité des clients est montée d’un cran »

Un peu sonnés, les professionnels du monde de la nuit ne restent pas, pour autant, les bras croisés. « La sécurité des clients, qui était déjà une mission incontournable, est montée d’un cran depuis le week-end dernier. L’ensemble du personnel est sensibilisé, les contrôles caméras sont renforcés, les fouilles également. Beaucoup d’établissements, y compris des bars, ont aussi commandé des capuchons pour mettre sur les verres afin d'éviter l’ajout d’une drogue dans la boisson », indique Guillaume Toutin. Cet agent de sécurité de métier reconnaît toutefois que l’objet de la piqûre est « très très compliqué à repérer ». « D’autant plus qu’on ne sait pas vraiment ce qu’on cherche. Est-ce une seringue ? Une punaise ? On ne sait pas. En cas de doute, nous invitons les victimes potentielles à ne pas garder ça pour elles et à se rapprocher du personnel ou de la police. »

Le patron du Warehouse, qui fait travailler une soixantaine de salariés pour chaque soirée, explique avoir désormais ajouté une étape de contrôle à l’entrée, avoir recruté un agent de sécurité supplémentaire, avoir investi dans un dispositif vidéo supplémentaire en plus des nombreuses caméras haute définition. Des secouristes de la Protection civile sont également présents sur place pour répondre aux besoins. « On est sur un lieu où il y a un des plus hauts niveaux de sécurité de France, affirme Simon Boisson. Au moindre signalement on déclenche une enquête interne. Le bien-être de nos clients est essentiel. L’important, maintenant, c’est qu’on trouve les fauteurs de troubles et que le phénomène s’arrête. Et qu’on puisse enfin reprendre une vie normale. »