Après la violente agression d’Yvan Colonna, l’Etat « devra rendre des comptes » réclame sa famille

COMMUNIQUE Yvan Colonna se trouve entre la vie et la mort, dans le coma, à Marseille, après avoir été transféré de l’hôpital d’Arles

20 Minutes avec AFP
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Yvan Colonna a été interpellé en juillet 2003 pour l'assassinat du préfet Claude Erignac en février 1998 à Ajaccio, après quatre ans de cavale dans le maquis corse.
Yvan Colonna a été interpellé en juillet 2003 pour l'assassinat du préfet Claude Erignac en février 1998 à Ajaccio, après quatre ans de cavale dans le maquis corse. — PASCAL GUYOT / AFP

L’Etat « devra rendre des comptes » si Yvan Colonna décède des suites de son agression par un codétenu mercredi à la prison d’Arles, où il était détenu pour l’assassinat du préfet Erignac. « L’Etat était juridiquement responsable de la sécurité d’Yvan Colonna. S’il décède, l’administration pénitentiaire et l’ensemble de la hiérarchie politique dont elle dépend devra rendre des comptes », accuse la famille du militant indépendantiste corse. Dans un communiqué transmis par Me Patrice Spinosi, son avocat, elle exprime également « sa colère et son incompréhension ».

Dans ce texte, la famille d’Yvan Colonna explique vouloir « demander la raison à l’Etat de l’agression meurtrière » dont il a été victime et à la suite de laquelle il se trouve entre la vie et la mort, dans le coma, à Marseille, après avoir été transféré de l’hôpital d’Arles (Bouches-du-Rhône).

Yvan Colonna en état de coma post-anoxique

Victime « d’une strangulation à mains nues, puis d’un étouffement », alors qu’il faisait de la musculation mercredi matin dans une salle de la prison d’Arles, Yvan Colonna était mercredi soir en état de coma post-anoxique, un type de coma consécutif à une privation d’oxygène dans le cerveau, a précisé le procureur de Tarascon.

Son agresseur purgeait une peine de neuf années d’emprisonnement pour « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un acte de terrorisme », a expliqué le magistrat. Selon deux sources proches du dossier, cet homme serait un « djihadiste » camerounais âgé de 36 ans, interpellé en Afghanistan en 2012 par les Américains avant d’être remis à la France en 2014.

« Depuis dix ans, il a demandé à être incarcéré en Corse auprès des siens »

« Comment un détenu aussi "particulièrement signalé" a-t-il pu être aussi sauvagement attaqué par un codétenu ? », insiste la famille, en évoquant ce statut de « détenu particulièrement signalé » (DPS) qui a jusqu’à ce jour interdit le rapprochement d’Yvan Colonna dans une prison corse.

« Depuis dix ans, en application du droit commun, il a demandé à être incarcéré en Corse auprès des siens. Pour des motifs essentiellement politiques, ses demandes ont été systématiquement refusées », insiste la famille, en estimant que ce drame « démontre à lui seul la défaillance du statut carcéral exceptionnel auquel il a été injustement soumis. Une défaillance qu’il risque de devoir payer de sa vie ».