Coronavirus à Nice : Les serveurs « enfin libres » après deux ans à travailler avec le masque

REPORTAGE Le masque n’étant plus obligatoire dans les lieux soumis au pass vaccinal, certains salariés en bar et en restauration « respirent enfin » quand d’autres espèrent « seulement la fin des restrictions sanitaires »

Elise Martin
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Zoé, serveuse à la Popote d'Ondine à Nice, est ravie de pouvoir faire son métier sans masque depuis deux jours.
Zoé, serveuse à la Popote d'Ondine à Nice, est ravie de pouvoir faire son métier sans masque depuis deux jours. — E. Martin / ANP / 20 Minutes
  • Lundi, les restrictions sanitaires ont été allégées, dont la fin du port obligatoire du masque dans les lieux recevant du public soumis au pass vaccinal.
  • Pour certains employés des bars et restaurants de Nice, la fin de cette mesure est « un soulagement ».
  • D’autres attendent surtout la fin du pass vaccinal.

Depuis lundi, le port du masque n’est plus obligatoire dans les lieux recevant du public soumis au pass vaccinal. Ainsi, dans les cinémas, les salles de sport mais aussi dans les bars et les restaurants, les clients comme les salariés peuvent faire tomber le masque. Il était devenu obligatoire depuis le 1er septembre 2020. Sur la Côte d’Azur, certains serveurs et serveuses sont « soulagés » quand d’autres attendent surtout « la fin du pass vaccinal tout simplement ».

Dans le centre de Nice, une cliente de la Popote d’Ondine arrive en tenant son masque du bout des doigts avec un large sourire. « Les gens sont contents quand on leur dit qu’ils peuvent enlever leur masque s’ils ont le pass vaccinal, lance Zoé qui travaille dans ce café-restaurant depuis deux ans et qui a donc toujours été masquée. Ils ont tous la même réaction ! Et puis, c’est drôle parce qu’il y a certains habitués que je n’avais même pas reconnus sans masque. »

« Ça change le rapport au client »

Elle aussi est ravie : « Ça fait deux jours que, quand je rentre chez moi, je n’ai plus mal à la tête et cette barre au front. On portait le masque pendant huit ou neuf heures. » Sa collègue Laura ajoute : « On peut enfin respirer, on a moins chaud et on n’a plus les lèvres et la gorge sèches. On se sent tout simplement plus libres ! » 

« C’est aussi beaucoup mieux pour comprendre et se faire comprendre. Finalement, on fait un métier très humain donc on a besoin de cette communication faciale. Ça change complètement notre rapport au client ! », remarque Zoé.

Dans le Vieux Nice, sur la place du palais de Justice, Sérine, serveuse du Lou Pastrouil depuis six mois, est du même avis et cite les avantages de la fin de cette restriction sanitaire. « On arrive mieux à parler. On peut mieux faire notre service. D’une manière générale, on est plus efficace. Et puis, on peut voir notre sourire. Et grâce à ça, on a plus de pourboires ! », lance-t-elle en riant.

« Ça changera quelque chose quand ça sera la fin du pass vaccinal »

Quelques mètres plus loin, au Wayne’s bar, Rebecca avoue qu’elle « étouffait un peu » avec ce masque même si « dans le travail, ça ne change pas grand-chose ». « On est moins maladroit parce qu’on voit nos pieds », s’exclame-t-elle derrière le comptoir. Avant de poursuivre : « Ça changera vraiment quelque chose quand ça sera la fin du pass vaccinal. On perd beaucoup de temps avec cette mesure. »

Sur le cours Saleya, même constat. Entre deux plats, deux serveurs du Flore lâchent : « C’est juste le masque ! » « C’est sûr que c’est un bon point pour l’été car c’était compliqué avec la chaleur mais ce qu’on aimerait surtout, c’est l’arrêt des contrôles du pass. C’est une charge colossale de travail qui nous a été imposée… mais pas du tout calculée. »

A l’autre bout de cette rue, au Blast, le responsable du bar conclut : « Ça ne change pas ma vie. Dans les cuisines, ils le portaient ou non, ça dépend. Pareil pour les autres en salle. Du moment qu’il était visible, c’était le plus important, qu’importe s’il était mal porté. Et maintenant, clients comme serveurs, tout le monde a déjà oublié ! On passe à autre chose. »

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a envisagé le 16 février la fin du port du masque en intérieur pour tout le monde, ainsi qu’un allègement du pass vaccinal, si la circulation du virus reste « très faible ». Selon les derniers chiffres publiés jeudi par Santé publique France, le taux d’incidence était de 604 cas positifs pour 100.000 habitants dans les Alpes-Maritimes. Il y a un peu plus d’un mois, mi-janvier, il s’élevait à 3.360 personnes pour 100.000 habitants.