Marseille : « Plus belle la vie » fait fi des rumeurs et lance une mini-série Web avec les pompiers du SDIS 13

REPORTAGE Réalisées par l’un des acteurs de la série télévisée, qui dans la fiction veut devenir pompier, ces pastilles vidéos veulent sensibiser aux gestes qui sauvent

Caroline Delabroy
— 
Sur le plateau de Plus Belle la vie, le tournage de vidéos sur les premiers gestes de sauvetage
Sur le plateau de Plus Belle la vie, le tournage de vidéos sur les premiers gestes de sauvetage — C. Delabroy / 20 Minutes
  • La série Plus belle la vie, dont de récentes rumeurs ont annoncé la fin, déroule ces jours-ci l’histoire de Bryan qui veut devenir pompier à la suite de l’incendie du Céleste.
  • Le SDIS 13, qui a déjà accompagné sur l’écriture des dialogues, prolonge le récit en collaborant à une mini-série Web en quatre épisodes sur les gestes qui sauvent. Pour boucler la boucle, elle est réalisée par l’acteur qui incarne Bryan à l’écran.

« Et là, tu dis place du Mistral ». Sur le plateau de Plus belle la vie à Marseille, Joseph, sapeur-pompier du SDIS des Bouches-du-Rhône, forme aux gestes qui sauvent une dizaine de personnes de l’équipe. « La première chose quand vous appelez le 112, c’est de dire où vous êtes, et ce que vous voyez, avec ça on a déjà sélectionné la caserne, le véhicule approprié à envoyer sur place, et on peut continuer à échanger. Ne raccrochez jamais si on ne vous a pas demandé de le faire. »

Bientôt sur France Télé

Sweat bleu et bonnet blanc, Bryan Trésor est ultra-concentré. Un peu en retrait de la scène, il fait tantôt signe au preneur de son, tantôt au cameraman, pour saisir le bon angle, le bon échange de questions-réponses avec les pompiers (car l’équipe n’en manque pas). A l’écran, il incarne Baptiste, le fils adoptif du couple homosexuel Thomas et Gabriel qui se découvre cette saison une vocation de pompier lors de l’incendie de l’hôtel Céleste. Mais ce jour-là, il est derrière la caméra pour un nouveau rôle dans la vraie vie : réaliser les pastilles vidéos diffusées à partir du 19 mars sur le site de France Télévisions.

« On peut tous être sapeur-pompier »

« On a déjà développé des mini-séries Web, sur la thématique transgenre par exemple, mais de ce modèle-là, façon docu et non pas fiction, c’est la première fois, souligne Céline Cauvy, responsable de la marque Plus belle la vie. On est une série diffusée sur l’une des grandes chaînes de service public, c’est tout naturellement qu’on a voulu développer cette série de quatre vidéos sur les gestes qui sauvent. »

Tout sourire, le capitaine Pierre-Claude Pastor couve du regard la scène tournée sur la terrasse du restaurant Le Marci. Durant l’écriture des épisodes du feuilleton, il a déjà joué le rôle de « script doctor » pour rendre crédible le personnage de Baptiste. « Le Bryan, il fallait d’abord le faire être pompier volontaire, c’est là que sont nos besoins, relate-t-il. Le but avec cette mini-série Web est d’expliquer, à tout un chacun derrière son écran, qu’on peut tous être sapeur-pompier, que l’on n’est pas né héros. »

Sur la place du Mistral, la formation suit son cours. On y apprend que la position latérale de sécurité n’est plus forcément la norme, que la position du garrot doit se faire au plus près de la plaie pour sauver le membre touché, ou que les défibrillateurs dans la rue nous guident oralement sur la procédure à suivre. Un à un, chacun s’essaie sur un mannequin au massage cardiaque.

Appels abusifs et incivilités

« Avec deux heures de pratique et des gestes simples, on peut devenir le premier maillon du sauvetage, indique le capitaine Pastor. Par le biais de l’application Le Bon Samaritain, on peut ensuite être géolocalisé par les services de secours pour venir en aide en cas d’urgence vitale. »

Au travers des pastilles vidéos pour Plus belle la vie, le SDIS 13 veut lancer plusieurs messages. Tout d’abord l’ouverture à tous les profils : qu’importe le physique, l’âge, et même la peur du sang, on peut toujours s’engager comme pompier volontaire. « Aujourd’hui, il y a 14 % de femmes », ajoute aussi le capitaine Pastor. Les vidéos abordent aussi les appels abusifs ou les incivilités sur le terrain : « Une minute, c’est 10 % de chance de survie en plus », rappelle le SDIS.

Le capitaine Pastor a aussi dans son escarcelle plus d’une histoire pour faire vivre le personnage de Bryan en pompier. Il le verrait bien dans les calanques, face aux feux de forêts, ou encore à gérer un accident de baignade. Autant de sujets de mobilisation pour le SDIS 13. Les rumeurs sur la fin de la série ? « Les pompiers sont là, on a investi Plus belle la vie, faut pas qu’on les touche maintenant ! », lance-t-il. Une façon de botter en touche, comme le reste de l’équipe qui se refuse pour le moment à croire à ce mauvais scénario.

* Pour suivre cette formation de 2 heures sur les gestes qui sauvent avec le SDIS 13, il suffit de contacter la caserne la plus proche de chez vous. Une participation de 14 euros par personne est demandée.