Pédocriminalité dans l’Eglise : Une deuxième structure prête à recevoir les demandes de reconnaissance des victimes

REPARATION Un collège d’expert sera chargé d’évaluer la possibilité d’une réparation financière

20 Minutes avec AFP
— 
L'Eglise continue de réagir après le rapport Sauvé pour venir en aide aux victimes qu'elle a laissé souffrir en silence.
L'Eglise continue de réagir après le rapport Sauvé pour venir en aide aux victimes qu'elle a laissé souffrir en silence. — Mourad ALLILI/SIPA

L’Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr) est prête à recevoir les premières demandes de victimes de pédocriminalité dans l’Eglise catholique, a-t-elle annoncé jeudi, l’objectif étant de mettre en place une « justice restaurative » au cas par cas. La création de cette structure avait été décidée par la Conférence des évêques de France réunie à Lourdes en novembre après le rapport choc de Jean-Marc Sauvé sur l’ampleur des violences sexuelles sur mineurs depuis les années 1950.

Elle est destinée aux victimes de prêtres ou de laïcs qui ont pu être agressées dans divers lieux d’église, les paroisses, des enceintes catholiques telles que le catéchisme, les camps scouts, l’enseignement, etc. Son pilotage a été confié à la juriste Marie Derain de Vaucresson, ancienne Défenseure des enfants. Sa composition est encore en cours, mais les premières demandes de reconnaissance et/ou de réparation peuvent être adressées désormais à une adresse mail spécifique (contact@inirr.fr), via le site Internet inirr.fr mis sur pied ce jeudi, selon un communiqué de presse.

Un collège d’expert chargé de décider de la réparation

Objectif : instaurer une « justice restaurative ou justice réparatrice, qui consiste à faire dialoguer les victimes avec l’auteur de l’infraction. Une manière de permettre aux agresseurs de prendre conscience de leurs actes et aux victimes de trouver un apaisement », souligne l’Inirr, qui précise que chaque réponse sera « unique par nature et décidée au cas par cas ». Son fonctionnement et la démarche à suivre sont également précisés.

Chaque demande de réparation sera suivie par un « référent » (juriste ou psychologue), chargé de « l’écoute de la personne », qui « construira avec elle sa demande et s’attachera à recueillir » des informations sur « les faits et les préjudices ». Ce référent élaborera une « synthèse écrite » prenant en compte « les conséquences traumatiques », les « besoins » et « demandes précises » de la victime, et la transmettra à un « collège d’experts ». Ce dernier, composé de 12 bénévoles, rendra une décision : « parole forte, symbolique », « proposition de médiation », voire, le cas échéant, « réparation financière ».

Dans ce dernier cas, la demande financière sera transmise au fonds « Selam », le Fonds de secours et de lutte contre les abus sur mineurs mis en place par l’épiscopat pour recueillir les contributions des évêques et des diocèses. Il a annoncé il y a un mois avoir réuni 20 millions d’euros, une première somme promise pour indemniser les victimes. Une autre instance, la Commission reconnaissance et réparation (CRR), présidée par Antoine Garapon, est pour sa part destinée aux victimes d’agressions commises dans des instituts ou congrégations religieuses. L’Inirr et la CRR ont prévu de mettre en place un « portail commun », pour faciliter la transmission des demandes reçues vers l’une ou l’autre.