Les Français vont toujours au restaurant mais préfèrent de plus en plus commander, selon une étude

ENQUETE Entre 2010 et 2019, la livraison à domicile a connu une hausse de 15,3 % par an

avec agence
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Restaurant. (Illustration)
Restaurant. (Illustration) — SICCOLI PATRICK/SIPA

Le monde de la restauration a connu d’importants bouleversements entre 2010 et 2019. Livraison à domicile, drive, vente à emporter… De nouveaux modes de  consommations sont apparus au cours de cette décennie. Et ils ont été globalement bénéfiques au marché, qui est passé de 49 à 56 milliards d’euros de chiffre d’affaires global sur cette période, d’après une  étude du cabinet  Roland Berger, relayée par BFM Business mercredi.

Entre 2010 et 2019, la part de marché du drive est passée de 4 à 5 %, celle de la vente à emporter de 11 à 15 % et celle de la livraison à domicile est passée de 2 à 6 %. Ce segment a d’ailleurs connu la plus forte progression avec un taux de croissance annuel moyen de 15,3 %. De son côté, le repas au restaurant enregistre une baisse. S’il représentait 83 % en 2010, il atteint 73 % neuf ans plus tard. Dans son ensemble, le secteur de la restauration a progressé de 1,6 % par an au cours de la dernière décennie, révèle l’étude.


La restauration rapide et les chaînes dominent

Les grands gagnants de cette évolution ? Au détriment des indépendants, ce sont les chaînes. Ces dernières représentaient seulement 24 % du chiffre d’affaires global du marché en 2010 et elles en ont finalement représenté 32 % en 2019 puis 40 % en 2020. Autre évolution qui s’est accentuée avec la crise sanitaire : la concurrence de la restauration rapide. Si la restauration traditionnelle dominait encore le marché en 2010, ces deux types d’enseignes étaient au coude à coude en 2019, avec 33 % de part de marché chacune. En 2020, la restauration rapide a finalement pris le dessus, passant à 40 % de part de marché.

« En réalité, la crise n’a fait qu’accélérer la perte de vitesse du modèle indépendant et traditionnel en cours depuis plusieurs années », expliquent les auteurs de l’étude. En 2020, le secteur de la restauration rapide et chaînée représentait 11 milliards d’euros, soit 30 % de l’ensemble du marché de la restauration commerciale. Selon le cabinet Roland Berger, cette croissance importante s’explique notamment par leur capacité d’adaptation aux nouveaux modes de consommation des Français. Leurs structures leur ont également permis de mieux se protéger des conséquences économiques de la crise sanitaire.