Parcoursup : Orientation, filières sélectives, suivi des élèves... Ce qu'il faut encore améliorer à la plateforme

ENSEIGNEMENT SUPERIEUR Le comité d’éthique et scientifique de Parcoursup a rendu son rapport annuel ce mercredi, qui suggère quelques modifications potentielles pour la plateforme

C.d.S
Le comité d'éthique et scientifique de Parcoursup a rendu son rapport annuel ce mercredi
Le comité d'éthique et scientifique de Parcoursup a rendu son rapport annuel ce mercredi — DENIS CHARLET / AFP
  • ²Le comité d'éthique et scientifique de Parcoursup (CESP) mis en place pour étudier la plateforme de manière indépendante a rendu son quatrième rapport annuel.
  • Les membres du CESP insistent sur les améliorations faites depuis la création de la plateforme mais émettent néanmoins plusieurs recommandations afin de poursuivre cette  optimisation.
  • Ils proposent notamment la suppression des filières sélectives, une meilleure orientation des élèves ou l'harmonisation des notations des lycées entre eux.

C’est un aimant à critiques dans le débat public sur l’enseignement supérieur, mais Parcoursup endosse parfois le rôle de bouc émissaire. C’est en tout cas le discours tenu en introduction du   quatrième rapport du comité d’éthique et scientifique de Parcoursup (CESP), un organisme indépendant, qui a rendu ses conclusions ce mercredi.

Car si beaucoup de crispations se concentrent autour de cet outil qui a remplacé l’Admission post-bac (APB) en 2018, il n’est pas responsable de toutes les difficultés rencontrées pendant cette période si charnière pour les élèves du secondaire qui s’apprêtent à entrer dans les études supérieures. Néanmoins, plusieurs améliorations peuvent être apportées à la plateforme et aux éléments qui l’entourent, selon les experts du CESP.

Un retour de la hiérarchisation des vœux

Parmi toutes les suggestions du comité pour améliorer encore le système, le retour à la hiérarchisation des vœux, notamment après la clôture de la phase principale pour les candidats encore en attente de proposition à la mi-juillet, en tout cas après les épreuves du bac, afin d’accélérer la procédure d’admission.

Car si 94 % des bacheliers reçoivent une proposition, « la procédure est encore trop longue, elle peut décourager et stresser les candidats qui mettent parfois plus de deux mois à recevoir leurs propositions », pointe Catherine Moisan, membre du comité. Cette proposition, comme l’accompagnement par l’établissement d’origine pour l’orientation, la création de quotas de certains bacheliers dans des filières prisées, le renforcement de l’offre de formations courtes, avaient déjà été énoncées par le comité dans les rapports précédents.

Les formations sélectives en question

Le CESP vise aussi les formations sélectives pour lesquelles il fait plusieurs recommandations : le surbooking pour celles qui ne remplissent pas et ne vont pas au bout de leur liste d’appel ; l’augmentation du nombre de candidats classés pour celles qui ne remplissent pas leurs classes, d’au moins 10 % ; enfin, le caractère sélectif en soi est remis en question par les membres du comité qui considère que « la distinction entre formations sélectives et non sélectives n’est plus pertinente aujourd’hui compte tenu du classement réalisé par toutes les formations ».

En effet, pour le comité, la formation sélective « constitue un frein à l’admission » jugeant qu’elle est « davantage caractérisée par le taux d’accès que par la possibilité de refuser des candidats ». Ainsi, le comité propose une solution radicale : « abolir législativement, à terme, la distinction entre formations sélectives et non sélectives, en appliquant simplement la règle de la capacité d’accueil qui permet le classement des candidats. Il s’agit de supprimer, pour des formations, la possibilité de refuser des candidats a priori. »

Harmoniser les notes d’un lycée à l’autre

Autre difficulté pointée par le CESP : la différence de notation d’un lycée à un autre et donc la nécessité de prendre en compte le lycée d’origine pour connaître le niveau réel du futur étudiant. Car un 14 au lycée Jean Jaurès d’Argenteuil n’a pas la même valeur qu’un 14 au lycée Henry IV à Paris. Certains lycées notent de manière plus sévère que d’autres, c’est une réalité qui complique les admissions post-bac.

Pour y remédier, le CESP « préconise que les lycées harmonisent leurs notes de contrôle continu sur des bases objectives par le recours à des épreuves communes tirées de banques de sujets. » Et à ce moment-là, « on aura un algorithme très clair », assure en conférence de presse Max Dauchet, également membre du comité indépendant, insistant sur l’importance du dialogue entre les lycées et les établissements d’enseignement supérieur en ce qui concerne l’orientation.

Améliorer l’accompagnement et l’orientation des élèves boursiers

Le CESP constate dans un premier temps une « efficacité relative, mais réelle de la politique de quotas » boursiers, pour accéder aux filières de section de technicien supérieur (STS) et aux instituts universitaires de technologie (IUT). En effet, la part des néo-bacheliers technologiques admis en IUT est passée de 34 % en 2019 à 42 % en 2021.

Néanmoins, cette politique des quotas pour l’accès des bacheliers technologiques en IUT, si elle est utile, ne suffit pas, tranche le CESP. Il recommande ainsi d’améliorer l’information et l’orientation des élèves dès la seconde, en général et en technologique et mettre l’accent sur les débouchés ouverts par les filières technologiques en IUT. Par ailleurs, selon le CESP, il faut également mener une « vraie politique de rapprochement entre les acteurs de l’enseignement supérieur et des lycées afin de créer les conditions de réussite de ces bacheliers ».

Améliorer le suivi des élèves par leur lycée après le bac

Enfin, le comité souligne que certains élèves vont quitter le lycée et la plateforme Parcoursup sans que leur établissement d’origine ne puisse suivre simplement leur parcours et comprendre ce qu’ils deviennent. Il faut alors mettre un outil en place afin de faciliter ce suivi.

« Si les lycées pouvaient connaître le devenir de leurs élèves un an après leur sortie du lycée de façon automatisée, ils pourraient alors se concentrer sur le devenir de ceux qui ontdisparu, les non admis sur Parcoursup », souligne le comité. Cet outil doit être créé par une collaboration des deux ministères, celui de l’Education nationale et celui de l’Enseignement supérieur et de la recherche.