Affaire Orpea : Entendu par les députés, l’ancien directeur général délégué ne convainc pas

DEFENSE Face à la commissions des affaires sociales de l'Assemblée nationale, Jean-Claude Brdenk, ancien « cost killer » du groupe Orpea, n’a pas satisfait aux attentes de réponses

20 Minutes avec AFP
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Le groupe Orpea fait l'objet d'une enquête parlementaire après des révélations de maltraitances.
Le groupe Orpea fait l'objet d'une enquête parlementaire après des révélations de maltraitances. — SYSPEO/SIPA

Prolixe aux yeux de certains députés, fuyant ses responsabilités pour d’autres : l’ancien directeur général délégué du groupe Orpea Jean-Claude Brdenk a défendu mardi soir la gestion des Ehpad de la multinationale  devant la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale. Dépeint dans le livre-enquête « Les Fossoyeurs » du journaliste Victor Castanet comme « l’exécutant zélé » d’un « système  Orpea », le responsable de l’exploitation et du développement du groupe de maisons de retraite médicalisées à but lucratif entre 1997 et 2020 a répondu à ce qu’il estime être des « contre-vérités ».

Les membres de la commission des affaires sociales l’ont interrogé sur la falsification de contrats ou la maltraitance de résidents évoquées dans l’ouvrage. Des allégations réfutées en bloc. « Nous avons été les premiers à mettre en place un programme de prévention de la maltraitance », a affirmé Jean-Claude Brdenk, mentionnant les résultats positifs de contrôles diligentés par les autorités de santé.

« Je pense avoir été intègre, juste et équitable. »

Entendue plus tôt dans la journée par la même commission, Élodie Marchat, directrice générale adjointe du pôle solidarités du conseil départemental des Hauts-de-Seine, a indiqué que les données comptables dont disposait sa collectivité ne permettaient pas de repérer une anomalie. A l’Ehpad « Bords de Seine » de Neuilly-sur-Seine, particulièrement visé par les accusations de Victor Castanet, le montant des dépenses était « conforme au taux d’occupation », a-t-elle fait valoir.

Jean-Claude Brdenk a relativisé le nombre de départs contraints de directeurs d’établissement en désaccord avec la politique de réduction des coûts d’Orpea. « Je pense avoir été intègre, juste et équitable. J’ai mis en place tous les moyens nécessaires » au bon fonctionnement des établissements, a-t-il affirmé, tout en reconnaissant du bout des lèvres avoir pu être « maladroit ». Celui qui a quitté la direction d’Orpea en décembre 2020 pour le groupe médical Bastide a justifié ses indemnités de départ de 2,5 millions d’euros brut en les présentant comme conformes aux pratiques en vigueur dans des entreprises cotées en Bourse.

Les parlementaires pas convaincus

« J’ai eu l’impression à de nombreuses reprises que vous noyiez le poisson », lui a asséné le numéro 2 de LFI, Adrien Quatennens. « De nombreux points sont restés en suspens », a regretté pour sa part la présidente de la commission, Fadila Khattabi (LREM), au bout de trois heures d’audition. Dans une tribune publiée par Le Monde, quelque 70 députés principalement de gauche, les numéros un de la CFDT Laurent Berger, de la CGT Philippe Martinez et de FO Yves Veyrier, ainsi que des représentants des collectifs de familles et de personnels, ont de nouveau et « solennellement » demandé la création d’une commission d’enquête à l’Assemblée nationale.

« Seule une commission d’enquête parlementaire permettrait d’auditionner immédiatement et sous serment les dirigeants du groupe Orpea (…) et de se faire communiquer tout document qu’elle jugerait utile. De telles garanties interdiraient les réponses floues et imprécises », soulignent les signataires, dont les candidats à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon (LFI) et Fabien Roussel (PCF).