Tempête Alex dans les Alpes-Maritimes : Les habitants des vallées se sont exprimés sur leurs besoins

INTEMPERIES Depuis début janvier, des concertations ont lieu avec les résidents des trois vallées où les crues d’octobre 2020 ont fait 10 morts et huit disparus

20 Minutes avec AFP
La tempête Alex, illustration
La tempête Alex, illustration — Daniel Cole/AP/SIPA
  • La semaine dernière, après les vallées de la Tinée et de la Roya, c’est dans la Vésubie que les habitants ont pu s’exprimer lors d’une concertation populaire.
  • Ils ont pu pointer les besoins de leur région après le passage de la tempête Alex.
  • Parallèlement à ces débats publics, une plateforme a été ouverte sur Internet, afin de recueillir les doléances des habitants. Ce sont plus de 120 projets qui ont émergé.
  • Le 14 février, l’ensemble des participants aux concertations dans les trois vallées se réuniront au Musée du sport de Nice, pour dégager les grandes lignes, puis ces demandes seront présentées aux élus, le 28 février.

La semaine dernière, 50 habitants de la vallée de la Vésubie, dans les Alpes-Maritimes, ont participé à une  concertation populaire inédite pour pointer les besoins de leur région après  la tempête Alex et dessiner sa reconstruction.

Comme pour la Tinée et la Roya, depuis début janvier, le micro a été tendu aux résidents des trois vallées, où les crues historiques d’octobre 2020 ont fait 10 morts et huit disparus. Logement, tourisme, agriculture, emploi, mobilité, les propositions seront ensuite soumises aux maires, sous l’égide de la Direction interministérielle à la transformation publique.

La question du logement « fondamentale »

Pour Eliane Guigo, 71 ans, retraitée à Venanson, la question « fondamentale » dans la Vésubie reste de se trouver un toit, avec toutes ces habitations détruites ou endommagées. Résultat : « La demande est en hausse de 35 % sur les deux dernières années » pour des logements sociaux, souligne-t-elle, très au fait du dossier. Et de nombreuses familles consacrent jusqu’à « 50 % de leurs revenus » pour se loger, alors que certains « ont déjà un niveau de vie très bas ».

Kamil Monge, de Lantosque, souligne lui, les problèmes de mobilité, ces personnes « qui ont toujours des difficultés pour se rendre à leur travail, à Carros ou Nice, avec des voies de communication encore en mauvais état ». Mais pour Sarah de Caqueray, agricultrice de 30 ans, « il faut surtout aider les gens qui sont sur le territoire à y rester ». Logement, emploi, « des sujets sensibles et longs à débrouiller » selon cette productrice de fruits, habitante de Saint-Martin-Vésubie.

Au fil des débats sont aussi évoqués la remise en état des canaux d’irrigation, la nécessité d’un tourisme « plus harmonieux », ou encore le manque de crèches et « les opportunités » de la fibre optique.

« 50 millions réservés par l’Etat pour ces projets »

Sur les 5.000 habitants de la vallée, où les stigmates de la tempête sont encore partout visibles, 80 s’étaient portés candidats à cette consultation. Cinquante ont finalement été tirés au sort, défrayés 50 euros par jour, a précisé Domitille Arrivet, la modératrice, directrice conseil chez Etat d’Esprit, entreprise spécialisée dans les missions de concertation publique. L’animatrice du débat n’a pu que constater à quel point « la vue du désastre reste encore prégnante chez les habitants », avec cette obsession d’une « réhabilitation de la beauté de leur vallée ». « C’est assez poignant quand ils parlent du bruit qui résonne encore dans leur tête ».

Parallèlement à ces débats publics, une plateforme a été ouverte sur Internet, afin de recueillir les doléances des habitants. Ce sont plus de 120 projets qui ont émergé, de la création d’une Maison de pays pour les produits locaux à l’ouverture d’un café associatif.

Sur les 572 millions d’euros consacrés à la reconstruction, « l’Etat a réservé 50 millions d’euros pour ces projets, potentiel porté à 100 millions grâce aux collectivités et à l’Union européenne », explique Xavier Pelletier, préfet délégué à la reconstruction, assurant que « les petits projets ne seront pas oubliés ». Le 14 février, l’ensemble des participants aux concertations dans les trois vallées se réuniront au Musée du sport de Nice, pour dégager les grandes lignes d’une reconstruction qu’ils veulent tous « durable », puis ces demandes seront présentées aux élus, le 28 février.