Nice : Elle attaque le groupe Orpea après la mort de sa mère, écrasée par son fauteuil roulant dans le jardin de l’Ehpad

PROCEDURE En 2019, Nicole a été retrouvée coincée sous son fauteuil électrique dans le jardin d’une maison de retraite Orpea, sa fille va de nouveau saisir la justice après une première plainte classée sans suite

Elise Martin
La résidence Corniche Fleurie à Nice ouest, où Nicole est décédée en 2019
La résidence Corniche Fleurie à Nice ouest, où Nicole est décédée en 2019 — Capture d'écran Google maps
  • En 2019, Laurence Bunoust perd sa mère qui séjournait à l’Ehpad Orpea à l’ouest de Nice. Elle a été retrouvée coincée sous son fauteuil roulant dans le jardin de la maison de retraite.
  • A l’époque, une première plainte est classée sans suite.
  • Laurence Bunoust, avec son avocat, a décidé de saisir à nouveau la justice en attaquant le groupe Orpea.

C’était le 7 août 2019. L’équipe de la maison de retraite Orpea à l’ouest de   Nice annonce à Laurence Bunoust que les infirmiers ont retrouvé Nicole, sa mère de 85 ans, morte,  coincée sous son fauteuil électrique dans le jardin. Depuis, sa fille continue de se demander ce qu’il s’est passé. Une première plainte a été classée sans suite en octobre 2019, mais « on attend toujours le rapport de police et d’autopsie pour saisir à nouveau la justice », indique-t-elle.

A la suite de la parution de l’enquête sur le groupe Orpea, Laurence Bunoust a refait une demande pour obtenir ce dossier auprès du tribunal, après l’essai de son avocat au premier semestre 2021 et après avoir elle-même fait deux requêtes officielles en septembre. Elle tient à préciser que « jamais sa mère n’a subi de violences physiques ou psychologiques. Elle a tout de même plusieurs fois fait la remarque sur le manque de personnel. J’aimerais savoir combien y avait-il d’effectifs ce jour-là pour le nombre de résidents ? »

Une procédure qui engage la responsabilité du groupe

Cette question fait partie des nombreuses qu’elle se pose comme celle de savoir dans quelles circonstances exactement sa mère est morte. « On a vraiment besoin du dossier pour avancer et faire une procédure au civil en engageant la responsabilité d’Orpea sur le décès de la mère de ma cliente », indique Me Thibault Pozzo di Borgo dont « l’assignation est prête ».

« On attaque le groupe sur la violation de ses obligations renforcées de vigilance et de sécurité envers les bénéficiaires », cite l’avocat niçois, l’article du code de l’action sociale et des familles. Il demandera une indemnisation pour préjudices moraux, mais également le remboursement des frais dans l’hébergement. Nicole était restée quatre ans dans cette maison de retraite à près de 4.500 euros par mois.

« Le directeur de l’époque était venu à l’enterrement, précise Laurence Bunoust. Je n’ai même pas reçu un courrier d’Orpea. Un gros groupe comme ça, qui fait des millions, on a tendance à faire confiance. Pourtant, il y a eu une négligence grave qui a entraîné la mort de ma mère. Je sais que la justice est longue, mais ça fait deux ans et demi que j’ai envie de savoir. »

Contacté, le parquet de Nice n’était pas en mesure, vendredi, de répondre à nos sollicitations.