Fraude : De plus en plus d’appels de faux conseillers bancaires, alerte la Banque de France

ATTENTION Les fraudeurs réussissent à gagner la confiance de leurs victimes pour qu’elles valident elles-mêmes les opérations

20 Minutes avec agences
Un homme utilisant un téléphone.
Un homme utilisant un téléphone. — niekverlaan / Pixabay

La Banque de France a alerté ce jeudi sur l’augmentation des  fraudes passant par l’intermédiaire d’un faux conseiller bancaire, préconisant de refuser « toute communication non sollicitée ». Face aux renforcements de la sécurité des paiements par carte, avec l’entrée en vigueur en mai dernier de dispositifs d’authentification forte, « les fraudeurs, plutôt que d’essayer d’attaquer la  technologie vont s’attaquer au porteur de carte lui-même », a expliqué lors d’une conférence de presse Julien Lasalle.

Les fraudeurs utilisent des « techniques de manipulation qui visent à amener leur victime à valider elles-mêmes les opérations frauduleuses », a ajouté le responsable du service de surveillance des moyens scripturaux à la Banque de France. Pour cela, les escrocs commencent par collecter le maximum de données possibles sur la victime, à travers un piratage informatique ou en scrutant les réseaux sociaux, puis ils la contactent directement en se faisant passer pour un salarié de leur banque, une technique appelée « spoofing » (usurpation d’identité, en français).


Les personnes âgées principalement visées

« Aujourd’hui, sur les réseaux de téléphonie, on est en capacité de passer des appels en faisant en sorte que le numéro de l’appelant qui apparaît ne soit pas celui de la ligne téléphonique utilisée », alerte Julien Lasalle. A l’aide de pression et en utilisant les informations confidentielles qu’il a pu obtenir, le faux banquier gagne la confiance de sa victime et lui fait réaliser des opérations comme un paiement par carte ou l’ajout d’un bénéficiaire et l’émission d’un virement.

Si ce type d’attaques vise surtout des personnes âgées ou peu à l’aise avec les outils numériques, il « touche aussi des jeunes cadres qui travaillent dans des entreprises du CAC40 et qui se font avoir parce que la qualité de la manipulation exercée par le fraudeur est parfois remarquable », explique le responsable. Pour éviter de se faire avoir, la Banque de France appelle à ne jamais répondre aux communications non sollicitées. Dans ce cas, il vaut mieux raccrocher et contacter sa banque par ses propres moyens (numéro enregistré, le site de sa banque à travers enregistré dans ses favoris) et ne jamais cliquer sur un lien reçu. Au premier semestre 2021, la fraude au paiement a représenté 644 millions d’euros pour 3,6 millions de cas.