Pôle emploi : Un quart des agents en grève pour une augmentation de salaires et de meilleures conditions de travail

SOCIAL Pour plus d’un tiers des grévistes (36,5 %), il s’agit d’un débrayage d’une heure

20 Minutes avec AFP
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La catégorie A se vide un peu à Pôle Emploi
La catégorie A se vide un peu à Pôle Emploi — STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Environ un quart des agents de Pôle emploi, selon la direction, étaient en   grève mardi  à l’appel de l’intersyndicale qui réclame une augmentation « significative » des salaires et des effectifs face à « l’empilement » des plans d’action pour les demandeurs d’emploi. Le taux de participation au mouvement lancé par les dix organisations syndicales (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, SNAP, SNU, STC, SUD et Unsa) « est de 23,3 % », a indiqué la direction de l’opérateur dans un communiqué. Mais, « pour plus d’un tiers des grévistes (36,5 %), il s’agit d’un débrayage d’une heure », a-t-elle souligné en précisant que seulement deux agences sont fermées sur les 900 du réseau.

En conférence de presse, devant le siège de Pôle emploi où manifestaient une centaine d’agents, l’intersyndicale a réclamé « une augmentation générale des rémunérations, significative et urgente » compte tenu «des hausses de prix» et «du pouvoir d’achat perdu», la dernière augmentation remontant à 2017.

« 1 % de hausse générale, c’est très insuffisant »

Preuve de ces bas salaires, selon Hélène Ibanez (CFDT), « la moitié des agents de Pôle emploi touchent la prime inflation de 100 euros », réservée aux salariés percevant moins de 2.000 euros nets mensuels. Dans le cadre de la négociation annuelle obligatoire (NAO), la direction a proposé une augmentation générale de 1 %, une revalorisation du dispositif d’intéressement et des titres restaurants. « Comme les salaires augmentent automatiquement en moyenne de 2 % (ancienneté, promotion…), cela compense largement l’inflation », de 2,8 % en 2021, estime le DRH de l’opérateur, Jean-Yves Cribier. « 1 % de hausse générale, c’est très insuffisant. La direction n’a absolument pas entendu la revendication », conteste Natalia Jourdin (FO).

Les syndicats dénoncent aussi la « fatigue » des équipes générée par deux ans de crise et « l’empilement » des récentes mesures gouvernementales (remobilisation des chômeurs de longue durée, réforme de l’indemnisation du chômage depuis l’automne ou encore déploiement au 1er mars du Contrat d’engagement jeune).

Un renfort de 550 CDD supplémentaires

Si l’opérateur a reçu des renforts (3.400 postes supplémentaires, dont 1.400 en CDI, en 2022 par rapport à l’avant-crise en 2019), Michel Breuvart (SNU-FSU) estime « qu’il y a trop de CDD qu’il faut former sans cesse ». Jean-Yves Cribier, qui a reçu les syndicats mardi midi, leur a annoncé le renfort de 550 CDD supplémentaires pour le management intermédiaire et l’indemnisation des demandeurs d’emploi.

Le dernier mouvement national à Pôle emploi, qui remonte à novembre 2018 pour protester contre des réductions d’effectifs, avait été un peu plus fort avec 30 % de grévistes. Une prochaine journée de négociations est prévue le 9 février.