« 20 Minutes, j'écoute ! » Comment « 20 Minutes » fait-il pour être (et rester) gratuit ?

ON VOUS REPOND Les recettes du titre proviennent à 98% des publicités que vous retrouvez sur ses différents supports

Julie Bossart
Distribution du journal 20 Minutes le 12 Octobre 2020, Paris.
Distribution du journal 20 Minutes le 12 Octobre 2020, Paris. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA
  • Bienvenue dans « 20 Minutes, j’écoute ! », une nouvelle rubrique pensée pour consolider le lien qui unit 20 Minutes aux lecteurs du journal papier ainsi qu’aux internautes.
  • Le principe est simple : via un formulaire, vous pouvez soumettre vos questions et remarques sur notre traitement de l’information, ou sur tout autre sujet en lien avec l’actualité. A la clef, notre réponse sous forme d’article à retrouver sur notre site ou notre appli.
  • La défiance du public envers les médias et les journalistes est bien réelle, alimentée par la profusion de fake news. Notre but n’est pas d’influencer ou de convertir les esprits, de donner raison ou de juger, mais d’expliquer pourquoi et comment nous travaillons, de sorte à consolider la confiance que vous nous portez depuis vingt ans.

« 20 Minutes, le survivant. » Le 30 novembre, dans un article intitulé  La fin de la presse quotidienne gratuite, Le Figaro revenait sur l’aventure, et le déclin, des titres d’information gratuits français. Après la disparition de Metro (2002-2015), c’était en effet au tour de CNews (2006-2021), fin novembre, d’annoncer l’arrêt de sa parution papier pour les jours suivants. Du trio conquérant des années 2000, qui « promettait de délivrer gratuitement l’essentiel de l’information de la journée avec un temps de lecture réduit », seul subsiste 20 Minutes.

Dans ce contexte, alors que nous nous apprêtons à fêter nos 20 ans et qu’un lecteur, Loïc R., chef d’entreprise de 32 ans, nous a demandé : « Comment faites-vous pour être gratuit », on s’est dit qu’il était opportun de vous expliquer notre modèle économique.

Deux groupes de médias français et européens comme actionnaires

Un rappel, tout d’abord. A son lancement en décembre 1999 à Zurich (Suisse) par Schibsted Media, le plus grand groupe scandinave de médias créé en 1839 à Oslo (Norvège), le « concept 20 Minutes » ambitionne, dans une démarche humaniste, de rendre l’information accessible à tous. Le géant norvégien et le Groupe Sipa, éditeur de Ouest-France, premier journal payant français détenu à 100 % par l’Association pour le soutien des principes de la démocratie humaniste, s’allient pour donner naissance à 20 Minutes en France. Le 15 mars 2002, le premier numéro du journal est diffusé dans les rues de Paris. Vingt ans plus tard, notre titre est diffusé dans dix grandes agglomérations françaises, et notre rédaction compte 90 journalistes.

En 2016, Rossel, le premier groupe de presse, familial, et de média francophone belge, rachète les 49,3 % des parts de Schibsted. Aujourd’hui, 20 Minutes France est donc détenu à parts égales par Rossel et Sipa, deux grands groupes de médias indépendants. Pour être encore plus clairs : nous n’appartenons pas à un industriel, à un mécène ou à tout autre milliardaire.

98 % de nos revenus proviennent de la publicité

« Pour ce qui est des revenus de 20 Minutes, c’est simple, tranche Nathalie Desaix, directrice de la marque, 98 % proviennent des recettes publicitaires. » Des pubs, print ou numériques, commerciales ou légales, classiques ou relevant d’opérations spéciales, comme le brand content (la création de contenus en lien direct avec une marque) ou le street sampling (la distribution, en même temps que celle du journal, d’échantillons d’une marque. Lors de la dernière campagne, d’ailleurs, vous avez pu tester des gaufres, non ?)

« Toutes ces pubs ou actions commerciales sont assumées de notre part et transparentes pour nos lecteurs », reprend Nathalie Desaix. Ainsi, selon une étude Harris Interactive du 3 au 11 février 2020*, 73 % d’entre eux considèrent que la pub fait partie du contrat de lecture. Que dit ce dernier ? « J’ai accès à une info utile, fiable, vérifiée et gratuite, ce qui est de plus en rare, souligne la directrice de la marque, en échange de quoi je suis d’accord pour que, au sein des supports que je consulte, il y ait de la publicité, qui est identifiée. Donc, il n’y a pas de confusion possible entre pub et information. »

Dans cette même étude, on apprend aussi que 74 % des lecteurs estiment qu’elle est bien intégrée (journal/site) et que 82 % ont confiance en ce qu’ils lisent sur nos supports.

« La grande variété de nos annonceurs, qui peuvent être des collectivités, être issus du secteur de l’équipement, des énergies, des plateformes, des transports font qu’on ne dépend pas d’un seul secteur. C’est un vrai gage d’indépendance éditoriale », complète Armelle Le Goff, la directrice de la rédaction.

Distribué à la sortie des transports en commun, aux abords des universités, etc., le journal a dû cesser de paraître pendant les confinements. Quel intérêt auraient eu les marques à continuer à nous acheter des espaces publicitaires alors qu’il n’y avait plus personne dans les rues pour prendre le journal en main ? « Nous avons perdu 98 % de notre fonds de commerce, tandis que les journaux payants ont pu, et c’est tant mieux pour eux, s’appuyer sur leurs abonnements », souligne Nathalie Desaix, la directrice de la marque.

Revenus divers et aides ponctuelles pour les 2 % restants

Mais quid des autres revenus de 20 Minutes ? Les 2 % restants ? Ils proviennent de revenus divers, comme les aides à la presse, un dispositif très ancien (il date du XVIIIe siècle) dont vous trouvez la présentation sur le site du  ministère de la Culture. Il s’agit d’aides directes, d’aides à la filière et d’aides à la modernisation sociale. Et comme rappelé  ici, « dans un souci de transparence, le ministère publie la liste des titres et, à partir de 2016, des principaux groupes de presse, ayant bénéficié de ces aides directes et indirectes. »

Selon le dernier bilan, mis en ligne le 1er juin 2021, 409 titres en ont perçu en 2019. Dont 20minutes.fr. Comme l’indiquait dans un tweet François Asselineau, candidat de l’UPR à l’élection présidentielle, notre titre a bien « empoché 60.000 € de subvention de l’Etat ». Nous précisons que cette aide directe était de 60.765 €, dans le seul cadre du Fonds stratégique pour le développement de la presse (  FSDP). Ces subventions sont ponctuelles, et sont à mettre en regard des investissements effectués en contrepartie. Investissements dans des projets de transformations numériques, comme la refonte de notre site Web, de notre back-office ou encore la réalisation de tableaux de bord.



Indépendance et débat démocratique

Dans une récente tribune, Frédéric Daruty, président et directeur de la publication de 20 Minutes, rappelait que, dans notre titre, « nous veillons à un traitement de l’actualité qui n’oublie personne, quel que soit son pouvoir d’achat, son niveau d’études, sa situation géographique, son genre ou son âge. » Le tout gratuitement. Une mission qui semble cruciale, à l’heure où des  études révèlent que « l’omniprésence des abonnements payants pourrait pousser le journalisme à servir des publics plus riches et plus éduqués et à laisser les autres de côté ».

« La mission d’un journalisme fiable, non partisan et gratuit à destination du plus grand nombre de lecteurs, pour une rédaction, c’est un défi quotidien passionnant et stimulant, insiste Armelle Le Goff. D’autant plus aujourd’hui, dans le contexte d’échéances démocratiques à venir. »

* Sur la base de 1400 répondants de 15 ans et + représentant l’ensemble France.

Une autre question ? C’est par ici que ça se passe :