Lyon : L’immobilier dans le Rhône reste une valeur sûre, si on y met le prix et le temps

INVESTISSEMENT La Fnaim du Rhône a présenté ce jeudi une synthèse du marché de l’immobilier dans le Rhône en 2021. Si les demandes ont évolué avec la crise sanitaire, augmentant les prix, l’attractivité de la métropole constitue une garantie immuable

Jennifer Lesieur
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Le Beaujolais reste accessible pour les recherches de résidences secondaires.
Le Beaujolais reste accessible pour les recherches de résidences secondaires. — SIPA

Le Covid n’a pas tout chamboulé : la pierre reste un excellent investissement en France. Dans la métropole lyonnaise aussi, à en croire la  Fnaim du Rhône, qui a présenté ce jeudi une synthèse du marché immobilier dans le Rhône en 2021. Pour autant, le  Covid a bien eu un impact sur ce marché. « Pas sur les prix ou les volumes, puisqu’on reste à des niveaux satisfaisants, mais sur les habitudes des consommateurs », comme le précise Nicolas Bouscasse, président de la Fnaim du Rhône.

Lyon reste un investissement sûr, malgré la fuite des citadins

L’économie repartie à la hausse en 2021 a contribué à la bonne santé de l’immobilier. La crise sanitaire « n’a pas changé les fondamentaux de Lyon, qui reste une ville forte de sa dynamique économique, avec 15.000 habitants de plus chaque année dans la métropole » remarque Nicolas Bouscasse. Lyon ne perdra pas son attractivité de sitôt, la ville reste donc « une garantie pour les investisseurs ».

Le prix moyen d’un appartement à Lyon intra-muros est de 5.451 euros/m2 (+3 %), contre 10.984 euros/m2 à Paris. Plus que la hausse des prix, ce sont des demandes plus spécifiques qui rendent ce marché intra-muros plus difficile : les acheteurs exigent désormais un garage, un balcon ou une terrasse. Les biens correspondants ont augmenté de 10 à 15 %. On reconnaît là les conséquences du confinement, qui ont poussé de plus en plus de citadins à quitter la ville pour une maison à la campagne, créant deux autres types de marchés.

L’engouement pour les maisons ne garantit pas des ventes rapides

Le premier est celui des maisons à 30 minutes de Lyon, « extrêmement vivant ». Le deuxième, à plus d’une demi-heure, « connaît une nouvelle dynamique ». Le prix moyen d’une maison dans le Rhône est de 3.643 euros/m2, soit une augmentation de 9,4 % par rapport à 2020.

En toute logique, plus on s’éloigne de Lyon, plus les prix baissent : dans le Haut Beaujolais, l’Ouest Rhodanien, les Monts du Lyonnais, on peut trouver des logements à moins de 2.000 euros le m2. De la Saône-Beaujolais au Pays Mornantais, on monte de 3.000 à 4.000 m2.

Or la demande ne suffit pas à vendre rapidement. Lilian Baule, agent immobilier, reconnaît « une euphorie sur l’achat de maisons », tout en nuançant : « Les biens jusqu’à 500.000 euros partent assez rapidement, mais au-dessus, les délais de vente sont plus longs. Parfois, il y a 100.000 euros de trop et des propriétaires qui ne veulent pas baisser le prix. » Beaucoup de maisons restent sur le marché, même à Sainte-Foy ou à Lyon 5, du fait de prix trop élevés. Tandis que dans le Charolais, à une heure et demie de Lyon, il ne reste quasiment plus de maisons à vendre.

Des prix qui augmentent et des conditions de crédit durcies

« On est sur un plateau plutôt haut, en termes de volume et de prix. Il y a des ajustements de prix, des délais de vente qui s’allongent, mais on reste sur un marché porteur », conclut Nicolas Bouscasse, non sans s’inquiéter de conditions de crédit durcies : il est désormais impossible d’emprunter au-delà de 25 ans.

Quant au rêve d’une maison, mieux vaut y réfléchir par deux fois, conseille Lilian Baule : « Avoir une maison, c’est bien joli l’été, mais l’hiver ? Cela demande de l’entretien, une voiture, voire un deuxième véhicule, donc un budget. Et rien ne dit que ce bien pourra être revendu dans quelques années à son prix d’achat. Il faut aussi prendre en compte les trajets pour les activités des enfants, les visites aux amis en ville… » L’investissement ne doit pas faire oublier qu’un logement est d’abord fait pour être habité.