Coronavirus : Est-il réellement possible de tester son enfant au Covid-19 simplement en le mouchant ?

FAKE OFF La rumeur avancée par une maman sur les réseaux sociaux est démentie par l’Ordre des pharmaciens

Maïwenn Furic
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Le nouveau protocole sanitaire en vigueur dans les écoles impose trois autotest aux enfants déclarés cas contact.
Le nouveau protocole sanitaire en vigueur dans les écoles impose trois autotest aux enfants déclarés cas contact. — MATHIEU PATTIER/SIPA
  • Le protocole sanitaire en vigueur dans les écoles impose à chaque élève qui est cas contact de réaliser trois autotests, qui doivent être négatifs. Une épreuve pour les enfants autant que pour les parents.
  • Sur les réseaux sociaux, une maman affirme qu’il serait possible de moucher son enfant, puis réaliser l’autotest à partir des sécrétions présentes dans le mouchoir.
  • Un procédé qui arrangerait petit et grand, si seulement il était fiable. 20 Minutes fait le point.

« On peut faire moucher l’enfant et récolter les sécrétions à l’aide du goupillon fourni dans le kit ça évite de leur triturer le nez sans cesse », a annoncé une maman sur Facebook il y a plusieurs jours. Elle y affirme qu’il s’agit du « conseil d’une pharmacienne ». De nombreuses autres publications vont dans son sens sur  Twitter.

La rumeur circule depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux.
La rumeur circule depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux. - Capture d'écran Facebook

Depuis l’entrée en vigueur du nouveau protocole sanitaire dans les écoles, « trois autotests négatifs (réalisés à J0, J + 2 et J + 4) » sont à réaliser pour les enfants déclarés cas contact. Les cas de  Covid-19 sont nombreux,  plus de 21.000 classes sont fermées selon le gouvernement. Beaucoup de  parents ne supportent plus de devoir infliger autant de tests à leurs enfants, parfois très jeunes.

Le fait de pouvoir réaliser un test seulement en mouchant son bambin serait donc une excellente nouvelle. « C’est une bonne idée car franchement ils n’en peuvent plus des autotests, déclare une maman sous la publication originale. On ne réalise pas suffisamment ce qu’ils vivent psychologiquement et moralement… »

20 Minutes a contacté des professionnels afin de savoir si cette méthode de test est réellement une bonne idée.

FAKE OFF

Contactée, l’auteure du post Facebook nuance : « Personne ne m’a donné ce conseil directement. J’ai juste partagé une publication où je trouvais l’idée pas mal par rapport aux enfants. » Le ministère de la Santé est catégorique : « Il ne s’agit pas d’une méthode reconnue et fiable. »

Pierre Béguerie, président du bureau du Conseil central A (titulaires) de l’Ordre national des pharmaciens, émet un avis « très, très réservé » sur le procédé. « Les autotests sont faits par prélèvement nasal car le goupillon doit venir racler les parois nasales pour bien prélever à l’endroit où se trouve le virus, c’est-à-dire dans l’épithélium nasal », précise-t-il. Pour s’autotester il convient de tourner plusieurs fois l’instrument dans le nez, et ce dans les deux narines.

« J’ai des doutes sérieux sur l’efficacité et la fiabilité du résultat [en se mouchant]. Les autotests ont déjà une fiabilité moindre donc à partir des sécrétions nasales, ça me paraît très artistique. De plus, il n’y a pas suffisamment de sécrétions dans le mouchoir », ajoute Pierre Béguerie.

Le président comprend toutefois le désarroi des parents : « C’est vrai que quand vous avez des petits gamins, ce n’est pas agréable de leur triturer le nez, donc on pourrait facilement se tourner vers cette méthode, mais ce n’est pas conforme. » Pour lui il est tout de même important de « dédramatiser au niveau de l’enfant parce qu’il a un souvenir du test nasopharingé, mais ce n’est pas du tout pareil ».

Un test, qu’il soit PCR ou antigénique, réalisé par un professionnel va plus au fond du nez qu’un test réalisé soit même à la maison. « Moi ce que je dis aux enfants c’est que c’est comme quand ils mettent leur doigt dans leur nez », plaisante Pierre Béguerie.