Nord : Une coopérative funéraire qui va changer la vie des familles endeuillées

MORT La première coopérative funéraire du Nord a ouvert ses portes à Marcq-en-Barœul. Sa fondatrice promet un accompagnement approfondi des familles et des prestations au juste prix

Mikaël Libert
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Un cimetière (illustration).
Un cimetière (illustration). — M.Libert / 20 Minutes
  • Les coopératives funéraires se développent en France depuis quelques années.
  • Elles sont une alternative aux sociétés de pompes funèbres traditionnelles.
  • La première du Nord a ouvert en début d’année, à Marcq-en-Barœul.

La mort est leur métier. Le secteur des pompes funèbres a été entaché de scandales retentissants, à l’image de celui révélé en avril dernier par  nos confrères du Parisien à travers le témoignage d’un ancien employé qui dénonçait un « business de la mort ». Outre les tarifs des prestations qui, dans certains cas, ont de quoi faire pâlir le commun des mortels, se pose la question de l’accompagnement des familles. C’est notamment pour ces raisons que les  coopératives funéraires se développent en France depuis quelques années. La première du Nord a ouvert ses portes, début janvier, à Marcq-en-Barœul, près de Lille.

A presque 50 ans, Séverine Masurel est à l’origine du projet ayant abouti à la création de la Coopérative funéraire de Lille. Employée chez Damart pendant vingt-quatre ans dans sa vie d’avant, ce monde lui était totalement inconnu. « Cela fait déjà quelque temps que je voulais me lancer dans l’organisation de cérémonies funéraires laïques personnalisées, notamment parce que j’ai vécu des cérémonies qui m’ont déçu et même révolté », se souvient la fondatrice.

Pas de low cost mais le juste prix

Sauf que Séverine Masurel ne souhaitait pas faire comme les entreprises classiques de pompes funèbres. Le déclic, elle l’a eu en découvrant la coopérative funéraire de Nantes, en 2020. « A la base, c’est quelque chose qui avait été créé au Québec dans les années 1940 pour casser les prix d’un marché qui flambaient à l’époque », explique-t-elle. De son côté, l’entrepreneuse assume de ne pas faire du low cost mais de pratiquer des prix justes. « On se place sous le panier moyen, hors frais de marbrerie, qui est autour de 3.500 euros », assure la présidente de la coopérative.

Mais pour elle, la plus-value est ailleurs, dans le côté écoresponsable ou dans l’accompagnement des familles. « C’est un domaine auquel les gens sont étrangers. Il faut prendre le temps de tout expliquer clairement aux familles, ce qui est obligatoire, ce qui ne l’est pas, ce qu’il est possible de faire », insiste Séverine Masurel. L’avantage de la coopérative se ressent à ce niveau, parce que l’argent n’est pas son moteur. « On ne verse pas de dividende, les bénéfices sont entièrement réinvestis dans la société. Les employés ont un fixe et pas de prime sur le chiffre d’affaires et les décisions concernant l’entreprise sont soumises au vote de l’assemblée des sociétaires », détaille la présidente.

Organisées en fédération depuis un an, les coopératives funéraires françaises comptent bien faire bouger les choses dans un secteur plutôt figé. Elles espèrent, entre autres, une législation obligeant les mairies à mettre des salles à disposition pour les cérémonies laïques, ou encore que la réglementation permette d’autres rites que la crémation ou l’inhumation.