Prix de l’électricité : Les salariés d’EDF, en grève, craignent pour la santé du groupe

ENERGIE Selon les syndicats, la demande du gouvernement pourrait considérablement fragiliser EDF et coûterait 8 milliards d’euros

M.F. avec AFP
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Les salariés d'EDF s'étaient déjà mis en grève en août 2021 pour demander plus de moyens humains et matériels.
Les salariés d'EDF s'étaient déjà mis en grève en août 2021 pour demander plus de moyens humains et matériels. — ISA HARSIN/SIPA

Les salariés d'EDF, qui craignent pour la santé et l’avenir du groupe,  sont en grève ce mercredi. C’est la récente demande de l’Etat de  vendre davantage d'électricité à bas prix à ses concurrents, qui est à l’origine du mouvement. Cela ne devrait pas occasionner de coupures de courant. Une baisse de la production de 2.500 MW a tout de même été constatée dans la nuit de mardi à mercredi, et jusqu’à 08H00 du matin environ, lorsque RTE a demandé l’arrêt des baisses, a indiqué à l’AFP le gestionnaire des lignes à haute et très haute tensions.

Pour rappel, la demande du gouvernement a pour but de contenir la facture d’électricité des ménages et des entreprises face à la flambée des prix de l’énergie. Une mesure parmi tant d’autres, afin d'honorer sa promesse de limiter à 4 % l'augmentation des tarifs réglementés de l'électricité en 2022, dans un contexte sensible, à quelques semaines de l’élection présidentielle.

Une décision « sans prise en compte des conséquences à long terme »

Chez l’énergéticien, la dernière mesure annoncée a suscité une levée de boucliers : augmenter de 20 % le volume d’électricité nucléaire vendu à prix réduit à ses concurrents cette année, coûtera environ 8 milliards d’euros au groupe.

Après cette annonce, les quatre principaux syndicats du secteur énergétique ont lancé un appel à la grève des salariés d’EDF mercredi. « C’est une décision totalement aberrante, prise sans en mesurer les conséquences à long terme. Elle va considérablement fragiliser EDF », a dit mercredi Eric Kozlowski, délégué syndical CFE-CGC à la centrale nucléaire de Golfech dans le Tarn-et-Garonne.

Pour lui, d’autres solutions existent, comme une TVA ramenée à 5,5 % sur le prix de l’électricité, « mais visiblement, aucune autre piste n’a été étudiée par le gouvernement ». Or EDF a besoin d’investir « pour faire face aux enjeux de lutte contre le réchauffement climatique ».