Prix de l’électricité : Un tiers des salariés d’EDF en grève ce mercredi selon la direction

ENERGIE A la mi-janvier, le gouvernement s'est engagé à demander à EDF de baisser ses tarifs

20 Minutes avec AFP
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Les salariés d'EDF seont en grève mercredi pour protester contre les mesures gouvernementales
Les salariés d'EDF seont en grève mercredi pour protester contre les mesures gouvernementales — PHILIPPE DESMAZES / AFP

« Stop au saccage d’EDF ! » Un tiers des salariés du groupe sont en grève ce mercredi, selon la direction, contre la demande de l’Etat-actionnaire de vendre davantage d’électricité à bas prix à ses concurrents afin de contenir la facture d’électricité des ménages et des entreprises. Le nombre de grévistes s’élevait à la mi-journée à « 37,20 % de l’effectif total », selon le groupe. A titre de comparaison, les derniers mouvements d’envergure, contre un projet de réorganisation du groupe, avaient été suivis par 20 à un peu plus de 25 % des effectifs, en 2020 et 2021.

Face à la flambée des prix de l’énergie, le gouvernement a dégainé un arsenal de mesures pour contenir les factures, et honorer sa promesse de limiter à 4 % l’augmentation des tarifs réglementés de l’électricité en 2022, dans un contexte sensible à quelques semaines de l’élection présidentielle.

Les quatre principaux syndicats mobilisés

Chez l’énergéticien, la dernière mesure annoncée a suscité une levée de boucliers : le gouvernement a demandé à EDF d’augmenter de 20 terawattheures (TWh) le volume d’électricité nucléaire vendu à prix réduit à ses concurrents, pour le faire passer de 100 à 120 TWh à titre exceptionnel. Cette mesure aura « un coût pour EDF compris entre 7,7 milliards et 8,4 milliards d’euros en fonction des prix de marché », avait indiqué le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire.

Après cette annonce, les quatre principaux syndicats du secteur énergétique ont lancé un appel à la grève des salariés d’EDF ce mercredi, alors que le groupe est déjà aux prises avec de nouveaux retards pour l’EPR de Flamanville (Manche) et avec l’extension à de nouveaux réacteurs d’un problème de corrosion sur des systèmes de sécurité.

« Au bout du bout, ceux qui vont payer, ce sera toujours les citoyens, au travers de leur facture. Au travers de leurs impôts aussi, parce que, s’il y a une recapitalisation et autres, tous ces milliards qui sont dilapidés, c’est bien quelque part le citoyen lambda qui le paie aussi », a estimé auprès de l’AFP Fabrice Coudour, pour la CGT. « Cette journée du 26, c’est une mobilisation pour que les salariés affirment à l’Etat qu’ils ne sont pas prêts à ce que l’on casse leur entreprise », déclare de son côté Amélie Henri, secrétaire nationale CFE-Unsa Energies pour EDF.

La ministre promet d’être « aux côtés d’EDF »

Lors d’un déplacement en fin de semaine dans le nord de la France, la ministre de l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher, a assuré qu’il n’était « pas question » de « fragiliser » EDF. « Le principal actionnaire d’EDF c’est l’État. Donc c’est l’État régulateur qui prend ses responsabilités et qui défend les Français, leurs emplois et leur pouvoir d’achat. Et l’État actionnaire prendra ses responsabilités et sera aux côtés d’EDF pour faire en sorte qu’EDF traverse cette période et puisse renforcer sa situation », a-t-elle affirmé.

Sans intervention pour obliger EDF à fournir de l’électricité à des prix plus bas, le gouvernement affirme que 150 entreprises françaises auraient pu fermer en raison de la flambée des prix de l’électricité. Les tarifs réglementés auraient bondi de 45 % le 1er février, selon le régulateur, qui calcule des hausses annuelles en fonction des prix du marché.

« Préserver notre entreprise »

Fait rare, cette mesure gouvernementale a ému jusqu’aux plus hautes sphères de l’entreprise : dans un message interne aux cadres d’EDF, le PDG Jean-Bernard Lévy a vivement critiqué la décision du gouvernement, qu’il a « combattue » et qu’il a décrite comme un « véritable choc ». L’intersyndicale espère mercredi « un taux de mobilisation le plus élevé possible, comme on a pu en connaître par le passé », a indiqué Amélie Henri.

Des rassemblements sont prévus, notamment devant certaines centrales nucléaires du groupe, comme à Golfech (Tarn-et-Garonne) et Gravelines (Nord). Des baisses de production d’électricité sont possibles, de l’avis de l’ensemble des sources syndicales interrogées par l’AFP, mais elles ne devraient pas pénaliser les ménages et les entreprises. « On n’est pas dans une logique de casser notre outil de travail, puisque notre revendication, c’est bien de préserver notre entreprise », a indiqué Amélie Henri.