Coronavirus : Faut-il reporter les épreuves de spécialité du bac 2022 à cause de l'épidémie ?

EDUCATION Le ministère devrait communiquer la date des épreuves dans les jours qui viennent

Romarik Le Dourneuf
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Les lycéens attendent avec impatience la date de leurs épreuves de spécialité au baccalauréat 2022. (Illustration)
Les lycéens attendent avec impatience la date de leurs épreuves de spécialité au baccalauréat 2022. (Illustration) — Martin BUREAU / AFP
  • Lors de la manifestation du 13 janvier dernier, lycéens, parents d’élèves et enseignants ont réclamé des discussions sur la tenue en mars des épreuves de spécialité du baccalauréat 2022.
  • Initialement prévues à les 14, 15 et 16 mars, ces épreuves pourraient être reportées. Si une partie des lycéens et une partie des organisations de parents d’élèves sont favorables à un maintien ou à un petit report, les enseignants militent pour qu’elles soient reportées à juin.
  • Le ministère de l’Education nationale a déclaré que la décision sera rendue en deuxième partie de cette semaine.

Le Covid-19 continue de pourrir la vie des lycéens. Après  les cours à distance, la valse des   protocoles sanitaires et les absences répétées pour contaminations, les lycéens doivent déjà penser au  baccalauréat. En particulier aux épreuves de spécialité qui comptent pour un tiers de la note finale et qui doivent se dérouler au mois de mars prochain.

Le problème aurait pu se poser l’année dernière déjà, mais le ministre de l’Education nationale,  Jean-Michel Blanquer avait pris la décision de les annuler pour les remplacer par un contrôle continu. Une situation qui ne devrait pas se renouveler en 2022. Au regard de l’année scolaire chaotique que vit le monde de l’éducation, un maintien ferme en mars semble pour le moment compromis… à moins de compromis.

Les lycéens veulent maintenir les épreuves en mars

Avant de prendre sa décision, Jean-Michel Blanquer a lancé des consultations jeudi dernier. D’ici là, son cerveau devrait chauffer. Car les avis sont loin d’être unanimes.

D’un côté, certains lycéens et une partie des organisations de parents d’élèves (Peep, Unaape, Apel) espèrent le maintien des épreuves avec aménagement, pour les adapter aux enseignements qu’ont pu suivre les élèves. Leur demande se base notamment sur la crainte de voir les épreuves s’accumuler au mois de juin. Seul un report d’une à deux semaines pourrait être envisagé, selon eux.

Les élèves craignent pour leur dossier Parcoursup

Mais pour la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE), ce n’est pas une solution suffisante. Elle préférerait que les épreuves soient davantage repoussées : « Nous demandons un décalage en avril qui permettrait au ministère de sonder les lycées et savoir où ils en sont dans le programme afin d’aménager les épreuves au mieux. Cela permettrait aussi aux élèves d’obtenir plus d’indications sur ce qui les attend », explique Eric Labastie, secrétaire général de la fédération.

Ce délai supplémentaire, la FCPE aimerait qu’il soit, en partie, consacré à des séquences de « banalisation » pour les examens. C’est-à-dire des journées, ou une semaine, dédiés à la préparation exclusive à l’épreuve. « Tous les élèves vivent une scolarité en dents de scie depuis deux ans. Il leur faut un temps spécifique pour se mettre dans le bon sens », raconte Eric Labastie.

Mais alors pourquoi tout simplement ne pas demander un report au mois de juin ? D’abord parce que cela empêcherait ces notes de figurer dans le dossier Parcoursup des élèves (qui doit être finalisé le 29 mars), selon la FCPE. Or, les établissements d’enseignement supérieur feraient « de plus en plus d’efforts pour les prendre en compte », estime Eric Labastie. Mais aussi parce que cela les rapprocherait de l’épreuve de philosophie et du Grand oral. « Nous ne voulons pas que les lycéens reviennent à un grand bachotage de fin d’année », insiste-t-il. Autre écueil selon la FCPE : cette solution pénaliserait les autres niveaux en mobilisant les enseignants qui ne pourraient plus faire cours aux secondes, par exemple.

Juin « la moins pire des solutions », pour le Snes

Pourtant, les syndicats d’enseignants semblent unanimes : reporter en juin les épreuves de spécialité est la « moins pire des solutions ». « Il y a toute une série de difficultés à appréhender, on ne peut plus organiser correctement ces épreuves en mars », assure Alexis Torchet, secrétaire général du syndicat Sgen-CFDT. Selon lui, le dernier variant a accentué les inégalités entre les élèves, ceux qui ont eu des cours en distanciel et les autres, ceux qui ont eu un professeur toute l’année et les autres… « Le ministère doit prendre une décision le plus rapidement possible et organiser dès maintenant », alerte Alexis Torchet.

Un constat sur lequel s’accorde Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, autre syndicat d’enseignants. « Il y a des absents tous les jours, un coup ce sont des contaminations, le lendemain ce sont des cas contacts, et chaque jour, ce sont des élèves différents… C’est impossible de finir les programmes à temps pour mars. » Plutôt que de se lancer dans un contre-la-montre contre-productif, la syndicaliste préconise de remettre à plat les choses en programmant les épreuves au mois de juin tout en prenant le temps, dès maintenant, de les préparer.

Verdict en fin de semaine

Pour Sophie Vénétitay, il n’y a rien d’insurmontable à organiser les épreuves en juin : « C’était encore ainsi il y a seulement trois ans et depuis des décennies, les bacheliers passaient parfois 7 ou 8 épreuves en une semaine. »

Contacté par 20 Minutes, le ministère de l’Education nationale, déclare toujours travailler sur le sujet ce mardi, et assure que la décision sera rendue « en deuxième partie de cette semaine ». De son côté, Jean-Michel Blanquer a déclaré ce mardi lors d’un déplacement à Tourcoing qu’il annoncerait son choix « d’ici huit jours ».