Pédocriminalité dans l'Eglise : Le fonds pour les victimes recueille 20 millions d'euros des évêques et diocèses

ARGENT Six millions d’euros vont être débloqués dans un premier temps, notamment pour indemniser les victimes qui en feront la demande

M.F avec AFP
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Le Selam, le fonds recueillant les contributions des évêques et diocèses, destinées notamment à accompagner les victimes de pédocriminalité dans l'Eglise faisant une demande de réparation financière, "a réuni 20 millions d'euros"
Le Selam, le fonds recueillant les contributions des évêques et diocèses, destinées notamment à accompagner les victimes de pédocriminalité dans l'Eglise faisant une demande de réparation financière, "a réuni 20 millions d'euros" — Valentine CHAPUIS / AFP

Les premières réparations financières accordées aux victimes de pédocriminalité dans l’Eglise vont arriver. Le Selam, le Fonds de secours et de lutte contre les abus sur mineurs a recueilli  « 20 millions d’euros » de la part des évêques et diocèses, a annoncé mardi son président Gilles Vermot-Desroches. « C’est le premier acte. L’Eglise est au rendez-vous de ce qu’elle a annoncé », a-t-il affirmé.

Deux enveloppes vont être débloquées dans un premier temps. Une de cinq millions d’euros sera affectée à l' « accompagnement financier » des victimes faisant une demande de réparation sous la forme d’une somme financière auprès de l’Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr), en cours de constitution. Une autre d'« un million » à des « démarches de prévention et de mémoire ».

Beaucoup de dons personnels d’évêques

Ces deux enveloppes ont été décidées lors d’un conseil d’administration qui s’est tenu lundi, a précisé Gilles Vermot-Desroches. Réuni à Lourdes en novembre, un mois après la parution du rapport Sauvé sur l’ampleur du phénomène de pédocriminalité, l’épiscopat, reconnaissant la « responsabilité » de l’Eglise dans ces actes, avait annoncé qu’il allait mettre la main à la poche.

Le président de la Conférence des évêques de France (CEF) Eric de Moulins-Beaufort, avait annoncé, vouloir commencer par rassembler cette somme en « prenant sur le patrimoine immobilier et les placements de l’Eglise ». Depuis, les diocèses ont fait l’inventaire de leurs ressources disponibles (réserves, vente d’un logement appartenant à un évêque, legs, etc.) et ont peu à peu annoncé le montant de leur contribution.

Parmi les contributeurs, « après la CEF, une écrasante majorité des évêques ont donné à titre personnel, chacun en fonction de ses moyens » et une « écrasante majorité des diocèses » a donné, a-t-il précisé.