« 20 Minutes, j’écoute ! » : Pourquoi nos articles contiennent-ils autant de fautes d’orthographe ?

ON VOUS REPOND Parce que l'erreur est humaine ? Oui, mais pas que

Julie Bossart
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Oui, parfois, on l'avoue, on a oublié une grosse faute dans un papier...
Oui, parfois, on l'avoue, on a oublié une grosse faute dans un papier... — Canva
  • Bienvenue dans « 20 Minutes, j’écoute ! », une nouvelle rubrique pensée pour consolider le lien qui unit 20 Minutes aux lecteurs du journal papier ainsi qu’aux internautes.
  • Le principe est simple : via un formulaire, vous pouvez soumettre vos questions et remarques sur notre traitement de l’information, ou sur tout autre sujet en lien avec l’actualité. A la clef, notre réponse sous forme d’article à retrouver sur notre site ou notre appli.
  • La défiance du public envers les médias et les journalistes est bien réelle, alimentée par la profusion de fake news. Notre but n’est pas d’influencer ou de convertir les esprits, de donner raison ou de juger, mais d’expliquer pourquoi et comment nous travaillons, de sorte à consolider la confiance que vous nous portez depuis vingt ans.

Allez, on commence bien la semaine ! Via notre nouvelle rubrique « 20 Minutes, j’écoute ! », destinée aux questions et remarques des lecteurs sur notre traitement de l’information, notamment, Philippe, 43 ans, nous a écrit ceci :

Pourquoi vos articles contiennent-ils autant de fautes d’orthographe ?

On ne va pas se mentir, ça pique. Et ça pique d’autant plus que l’on a bien conscience du problème. Oui, nos articles contiennent des fautes d’orthographe, de grammaire, d’accord, de conjugaison, de français… et bien d’autres encore certainement. Nous aimerions être irréprochables. Ce n’est pas le cas.

Des kilomètres de lignes écrites chaque jour

Parce que nous pouvons être dans l’obligation de publier un contenu urgemment, actu chaude oblige, ou être interrompus par une tâche qui fera qu’on oubliera tout bonnement de vérifier telle ou telle subtilité de la langue française. Parce que, bien que nous soyons journalistes professionnels, nous ne sommes pas correcteurs. Correcteur, c’est un métier, un monde, même, à part entière (la présentation sur ce lien). A 20 Minutes, nous avons la chance d’en avoir un, mais il s’occupe en priorité du journal papier (plus d’explications un peu plus bas).

Parce que, aussi, nos journalistes n’ont pas qu’un seul article à mettre en ligne durant leur journée de travail. Et plus on en fait, plus on s’expose aux erreurs. Un chiffre pour vous éclairer : 130 articles en moyenne sont rédigés chaque jour par la rédaction.

Cela étant dit, comment 20 Minutes tente-t-il de limiter la casse ? En respectant ce que l’on appelle le « circuit de la copie ». Pour le Web, le rédacteur doit se relire, utiliser le logiciel de correction ortho-typo Prolexis installé sur son ordinateur, soumettre son texte (ou sa vidéo, ou sa story... nous n’oublions pas non plus les réseaux sociaux !) à son chef de service. Si ce dernier n’est pas disponible, c’est un éditeur numérique qui prend le relais. Editeur numérique qui, de son côté, se retrouve également devant une montagne de textes à traiter. Sur la forme, certes, mais aussi sur le fond, hein, autrement ce serait trop facile. Dans un monde idéal, à l’issue de ce grand toilettage, l’article est censé être nickel. En sachant que parfois, en cas d'urgence, il y a publication avant relecture par un tiers, qui corrige alors que l'article est déjà en ligne.



Des filtres supplémentaires pour le journal papier

Pour le print, c’est-à-dire le journal papier, il y a un certain nombre de tâches à effectuer par l’éditeur (communément appelé secrétaire de rédaction, ou SR), qui peuvent être sources d’erreur. « Au service édition, nous devons couper des articles, souvent longs, issus du Web et les réécrire légèrement pour qu’ils s’adaptent au mieux au petit format de notre journal, détaille Nicolas Guérin, chef du service édition. Parfois, nous devons les mettre à jour quand une nouvelle information tombe. Même si nous nous relisons avec application, ce sont autant d’interventions qui peuvent nous faire commettre des fautes. D’autant plus quand on est dans l’urgence du bouclage, c’est-à-dire dans les dernières minutes avant l’envoi des fichiers à l’imprimerie. » Toutes ces interventions sont heureusement validées par le correcteur de presse, spécialement affecté au journal papier, et le chef de service.

Dans un monde idéal, à l’issue de ce nouveau toilettage, le journal est censé lui aussi être nickel. Et lorsque ce n’est pas le cas, autant vous dire qu’on se sent mal. Vis-à-vis du lecteur, de l’auteur de l’article et de ses interlocuteurs.

Le pictogramme portant la mention
Le pictogramme portant la mention - Capture d'écran du site de

Pour finir, sachez qu’en cas de boulette, si pour le journal papier, il n’y a pas de marche arrière possible, sur le Web, on peut rectifier le tir. Par nous-mêmes ou grâce à un lecteur. A la fin de chaque article se trouve le pictogramme « Une faute ? ». Eh bien, si vous cliquez dessus, vous avez la possibilité de nous signaler l’erreur que vous avez remarquée. Vous pouvez aussi directement surligner avec la souris le texte de l’article que vous êtes en train de lire pour faire apparaître un panneau « Attention danger ». Un éditeur numérique ou tout autre journaliste disponible procédera alors à la correction.

Alors, faute avouée, faute à moitié pardonnée ?

Vous avez une autre question ? C’est par ici que ça se passe :