Bretagne : « On vend à perte »… Les éleveurs réclament « d’urgence » une aide de l’État

AGRICULTURE Environ 300 agriculteurs ont manifesté jeudi à Saint-Brieuc pour exprimer leur désarroi

J.G. avec AFP
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Les agriculteurs bretons ont exprimé leur désarroi jeudi devant la préfecture des Côtes-d'Armor à Saint-Brieuc.
Les agriculteurs bretons ont exprimé leur désarroi jeudi devant la préfecture des Côtes-d'Armor à Saint-Brieuc. — Damien Meyer / AFP
  • Environ 300 éleveurs ont manifesté jeudi devant la préfecture de Saint-Brieuc.
  • Face à la flambée des cours des matières premières, ils réclament d’urgence une aide de l’Etat.
  • D’autres manifestations sont prévues dans les prochaines semaines.

« Macron, si tu aimes le cochon, sors ton pognon ! ». Le message de cette banderole affichée à l’avant d’un tracteur est clair. Jeudi après-midi, environ 300 agriculteurs, venus avec une cinquantaine de tracteurs et de camions, ont manifesté devant la préfecture  à Saint-Brieuc pour réclamer une aide financière « d’urgence » de l’État face à la flambée des cours des matières premières. « Nous sommes venus exprimer le désarroi de la filière animale bretonne aujourd’hui » car « nos charges ont augmenté énormément » et pas les prix de vente, a déclaré Philippe Cherdel, secrétaire général de la FDSEA des Côtes d’Armor.



« Il nous faut des engagements concrets parce que ça ne peut plus durer, une aide d’urgence car la crise est insupportable. Ce système où l’on s’aligne sur les prix les plus bas n’est plus tenable », a poursuivi le responsable syndical. « Aujourd’hui, la variable d’ajustement, c’est le producteur, a-t-il ajouté. Ce n’est pas possible. Nous, on ne vend pas à prix coûtant, on vend à perte et c’est inacceptable.

Des pertes de 20.000 euros par mois pour un éleveur de porcs

« On est face à une flambée des cours des matières premières » utilisées pour fabriquer l’aliment pour bétail, a expliqué Jérémy Labbé, président des Jeunes agriculteurs (JA) du département.  « La tonne était à 250 euros début 2020. Là, on est rendus à 320 euros et on nous dit que ça devrait encore augmenter de 20 euros dans les prochaines semaines », a-t-il dit.

Mais le prix auquel les agriculteurs vendent leur production n’a pas augmenté. En ce qui concerne le porc, « pour être bien, il manque 50 centimes au prix d’achat par rapport au prix de base », négocié deux fois par semaine avec les abattoirs au marché au cadran. Ce prix était ce jeudi à 1,248 euro le kilo de porc. Lui-même producteur de porcs, comme la plupart des manifestants jeudi, il estime qu’un éleveur à la tête d’un élevage moyen de 250 truies perd environ « 20.000 euros par mois ».

Plusieurs actions ont déjà eu lieu ces dernières semaines dans le Finistère et les Côtes d’Armor, les deux principaux départements d’élevage en France. D’autres manifestations sont prévues dans les semaines à venir, notamment dans la perspective des négociations commerciales annuelles en février entre industriels et distributeurs.