Coronavirus à Nice : Pour certains retraités rappelés par l'Education nationale, « il faut d’abord penser à sa santé »

COVID-19 L'académie de Nice a lancé un dispositif de recrutement pour combler son besoin de remplaçants et éviter que des classes ne ferment

Elise Martin
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Une classe de primaire dans l'académie de Nice en janvier 2022 (Illustration)
Une classe de primaire dans l'académie de Nice en janvier 2022 (Illustration) — Syspeo / Sipa
  • Entre les hôpitaux et les écoles, les appels en renfort se multiplient à cause du Covid-19 et du manque de personnel dans ces institutions.
  • Certains remplacements sont alors faits par des jeunes retraités.
  • Entre l’envie d’aider et celle de se préserver, peu de personnes se décident finalement à répondre à ces appels.

« Depuis quinze jours, on fait du phoning, on publie sur les réseaux sociaux. On utilise tous les moyens pour combler nos besoins de remplacements entre les malades Covid-19 et ceux qui doivent garder leurs enfants », indique Lilia Parisot, directrice communication du recteur de l’académie de Nice. Car le « stock » des 800 remplaçants est « épuisé ».

« La semaine dernière, on avait encore 190 classes fermées dans les Alpes-Maritimes, ajoute-t-elle. Mais on a reçu beaucoup de demandes. On pioche dans les étudiants en master 1, dans les listes complémentaires du concours et dans les  retraités. C’est vrai que pour nous, c’est plus simple parce qu’ils connaissent déjà, ils n’ont pas besoin de formation. »

D’abord dans les hôpitaux et maintenant, dans les écoles. Les « jeunes » retraités, c’est-à-dire, partis à la retraite il y a moins d’un an, sont sollicités en renfort pour « rempiler ». Avec les consignes du ministère de l’Education, communiquées pour la rentrée de janvier, de « ne pas fermer les écoles », l’académie de Nice a lancé une campagne de recrutement le 6 janvier. Sur les 250 personnes recrutées, huit sont retraitées.

« Loin d’être évident »

« On n’est pas nombreux à accepter, lance Catherine Monge, 63 ans, professeure des écoles qui vient de retourner en classe après avoir pris sa retraite en septembre 2021. C’est un métier fatigant. Puis, il y a la crainte de la pandémie. En plus, on est très peu sur des postes de remplaçants. J’ai fait ça pendant quatre ans avant de prendre ma retraite donc je connais, mais ce système n’est pas facile pour tout le monde. » Engagée jusqu’au 5 juillet, elle a tout de même réfléchi avant de se décider. « Mes compétences sont utiles et rares en ce moment alors j’ai eu envie de faire ma part. Après, si on me rappelle en septembre, je répondrai en fonction de mon état de santé ».

La santé et « l’équilibre personnel », ce sont les recommandations que donne la CFDT Retraités des Alpes-Maritimes à ses adhérents qui pourraient être sollicités. « Dans le milieu hospitalier, quand certains ont été appelés pour la première vague, ils y sont allés directement. Pour la deuxième, c’était déjà moins évident », confie Jean-Michel Hervo, membre du bureau en indiquant qu’il connaît peu de personnes concernées. « Il y a plusieurs raisons pour lesquelles les retraités ne répondent pas favorablement : vous tendez le doigt, on prend le bras. Ensuite, on ne peut pas gagner plus que ce qu’on touche en retraite et enfin, une fois qu’on y est, c’est difficile de faire machine arrière. Sans oublier la pression du travail. Donc, une fois les risques mesurés, il n’y a plus grand monde. »

Il évoque également une plus grande difficulté de retourner travailler quand « ça fait longtemps qu’on a coupé ». « Que ce soit dans le milieu médical ou de l’éducation, on est davantage sujets à des conséquences physiques mais aussi psychologiques du fait de notre âge. Donc, il faut faire bien attention et réfléchir avant de se réengager. Même si en tant que citoyen, on a forcément l’envie d’aider. »