Toulouse : Tibo InShape pousse les portes de l’hôpital et dévoile l’envers du décor

IMMERSION Le youtubeur a passé une journée au sein d’un service de réanimation du CHU de Toulouse et en a fait une vidéo. Un moyen pour l’hôpital de toucher les jeunes et de susciter des vocations

Béatrice Colin
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Tibo InShape (à g.) aux côtés de deux médecins et d'un infirmier du service de réanimation neurochirurgie du CHU de Toulouse.
Tibo InShape (à g.) aux côtés de deux médecins et d'un infirmier du service de réanimation neurochirurgie du CHU de Toulouse. — CHU Toulouse
  • Le youtubeur Tibo InShape a mis en ligne une vidéo dans laquelle il raconte le quotidien d’une unité de réanimation du CHU de Toulouse.
  • Selon l’hôpital, c’est un moyen de toucher les jeunes et, peut-être, susciter des vocations, alors que l’hôpital manque de bras.
  • La vidéo a été vue plus de 800.000 fois depuis sa mise en ligne il y a deux jours.

On a plutôt tendance à le voir pousser de la fonte. Mais, dans sa dernière vidéo, ce sont les portes du CHU de Toulouse que le youtubeur Tibo InShape a poussées. Les biceps remisés sous une blouse médicale, l’influenceur aux plus de 8 millions d’abonnés a passé une journée au sein d’un service de réanimation neurochirurgie de  l’hôpital Pierre-Paul Riquet, à Purpan ( Haute-Garonne)

Il a partagé le quotidien des infirmiers, des médecins, mais aussi de ces patients au traitement souvent lourd. De l’intubation à la pose d’une voie veineuse centrale, il aborde tous les aspects techniques de leur métier, sans oublier le côté humain, ponctué de temps en temps d’une pointe d’humour et de moments de bonne humeur. « On est bien content qu’ils soient là quand on a besoin d’eux, merci à elles, merci à eux », clame au milieu de la vidéo celui qui a fait ses études dans la Ville rose.



On est loin des reportages classiques en service de réanimation. Surpris par la demande du jeune trentenaire, le CHU s’est d’abord interrogé sur sa venue. Mais ne l’a pas regretté. « Il montre le travail des infirmiers, des aides-soignants, des médecins, il explique bien le b.a.-ba, c’est compréhensible de tous, que l’on soit patient, proche ou en formation, assure André Weider, coordonnateur général des activités de soins au CHU de Toulouse. C’est fait avec le respect des patients hospitalisés et du travail de chacun. »

Un regard « neuf »

L’approche est un peu déroutante pour certains, mais elle peut porter ses fruits auprès de la génération présente sur les réseaux sociaux, surtout quand la vidéo est vue plus de 800.000 fois en moins de deux jours. « C’est un regard un peu jeune, un peu neuf, cela peut donner des envies à des jeunes qui veulent se tourner vers le métier de soignant, poursuit André Weider. Aujourd’hui, nous travaillons avec des jeunes en formation de 20-22 ans, qui vivent avec les réseaux sociaux. Il ne faut pas passer à côté. »

Un moyen auquel ils ont de plus en plus recours pour recruter, alors que la concurrence est rude pour trouver des soignants. Après avoir mis en place le premier « job dating virtuel » pour un hôpital durant le confinement, le CHU de Toulouse va bientôt lancer un webinaire.