Grippe aviaire : Vide sanitaire et un million d'animaux à abattre dans le Sud-Ouest

VIRUS Le ministère de l'Agriculture annonce un million d'abattages supplémentaires pour enrayer la propagation du virus

20 Minutes avec AFP
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Elevage de canards dans les Landes
Elevage de canards dans les Landes — Pascal Saura/Sipa
  • Le ministère de l’Agriculture annonce ce jeudi un vide sanitaire effectué d’ici trois semaines et un million d’animaux supplémentaires abattus.
  • La profession s’attendait à 2,5 millions d’abattages en plus de ceux réalisés depuis le début de l’épizootie fin novembre, alors que ce chiffre sera le nombre d’animaux abattus au total.
  • Le département le plus concerné est celui des Landes, qui concentre deux tiers des foyers de grippe aviaire.

Le ministère de l’Agriculture a confirmé ce jeudi que, d’ici trois semaines, il n’y aurait plus aucun canard ou poulet dans les élevages dans une zone couvrant principalement le sud des Landes, mais aussi l’ouest du Gers et le nord des Pyrénées-Atlantiques. A l’issue d’une réunion mercredi soir avec les autorités, les syndicats et les interprofessions, la présidente de la Chambre d’agriculture des  Landes Marie-Hélène Cazaubon, avait déclaré s’attendre à un « vide sanitaire ».

Les éleveurs de canards et de volailles du Sud-Ouest se préparent à un abattage massif au cœur du pays du  foie gras, pour tenter d’endiguer la propagation fulgurante de la grippe aviaire, ont indiqué des syndicats et responsables agricoles mercredi soir. Selon la Confédération paysanne et le Modef, les abattages pourraient concerner jusqu’à « 2,5 millions d’animaux », « en plus des élevages déjà vidés [plus d’un million de volailles] ». Le ministère parle, lui, de plus d’un million d’animaux supplémentaires à abattre pour « assainir » la région du Sud-Ouest où la grippe aviaire se propage de manière fulgurante, a annoncé jeudi le ministère de l’Agriculture. Ces abattages devraient porter à 2,5 millions le nombre total d’animaux euthanasiés depuis le début de l’épizootie fin novembre.

De nombreux foyers dans les Landes

À la date du 17 janvier, la France comptait 216 foyers d’influenza aviaire hautement pathogène, dite grippe aviaire, en élevage, 22 cas en faune sauvage et 5 cas en basses-cours, selon les chiffres publiés par le ministère de l’Agriculture.

Les deux tiers de ces foyers sont concentrés dans le sud des Landes, un territoire dense en exploitations agricoles, qui compte environ 1.300 éleveurs de poulets et 850 de canards. En cinq jours, le nombre de foyers touchés dans le département est passé de 94 à 144, selon les chiffres du ministère. A la mi-janvier, 421.000 volailles et 246.000 canards ont déjà été abattus dans les Landes. Pour faire face à la crise, quatre abattoirs ont été réquisitionnés, s’ajoutant à une plate-forme d’abattage provisoire, a indiqué la préfecture mercredi soir.

La situation est « dramatique »

« L’urgence, c’est de vider les zones jusqu’à 3 km autour des foyers » car « on a le sentiment que le virus est hors de contrôle », a expliqué Marie-Hélène Cazaubon, également éleveuse de canards.

La situation est « dramatique », pour Mélanie Martin, présidente du Modef des Landes (syndicat minoritaire). L’an dernier, l’épizootie avait entraîné l’abattage de 3,5 millions de volailles, principalement des canards dans le Sud-Ouest.

En 2021, la perte globale pour la filière palmipèdes gras a été évaluée par le Cifog (interprofession du foie gras) à 150 millions d’euros – et autour de 500 millions d’euros pour l’ensemble de la filière avicole selon certains syndicats.