Nice : Un mois après l’arrêté pour « limiter les nuisances de certains livreurs », les rues sont-elles devenues calmes ?

LIVRAISON Depuis le 15 décembre, un arrêté réglemente la durée de stationnement des coursiers des plateformes de livraison de repas à domicile

Elise Martin
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Les regroupements des livreurs font partie des nuisances sonores relevées par la mairie de Nice (archives).
Les regroupements des livreurs font partie des nuisances sonores relevées par la mairie de Nice (archives). — Syspeo / Sipa
  • La mairie a reçu des « centaines de plaintes » pour des nuisances sonores et des incivilités en tout genre, et a décidé d’agir en mettant en place un arrêté pour réglementer l’activité des livreurs de repas à domicile.
  • Depuis un mois, les rues devraient être plus calmes de 11h30 à 21h30.
  • 20 Minutes est allé vérifier et s’est renseigné auprès des principaux concernés.

« Je n’étais même pas au courant qu’il y avait une nouvelle réglementation », lance, étonné Johan*, un des trois livreurs de repas assis sur le mobilier urbain près de l’entrée d’un fast-food, lundi soir à  Nice. Depuis  le 15 décembre, les coursiers ont l’interdiction de « stationner de 11h30 à 21h30 en dehors du temps nécessaire à la livraison ou à la prise en charge de la commande » dans le centre-ville.

La mairie a pris cet arrêté dans le but de « réglementer cette activité » et après des « centaines de plaintes de riverains » pour, entre autres, des nuisances sonores, du « stationnement anarchique », des « regroupements » et « des incivilités » en tout genre. Des comportements confirmés par la police municipale à travers les quatorze opérations de contrôles qui ont eu lieu au cours de l’année 2021.

« On n’a pas le temps »

Cette mesure concerne un bout de l’avenue Jean-Médecin, au nord, et le début des axes Alsace-Lorraine, de Paris, de Belgique, Pertinax, Assalit, Thiers ainsi que la place Saëtone. Un mois après la mise en vigueur du texte, les rues citées sont désertes. Excepté devant deux chaînes de restauration rapide dont la spécialité est le burger, et où une dizaine de livreurs, certains encore avec leur casque de scooter sur la tête mais la plupart à vélo, font la queue pour récupérer des commandes.

Concours de circonstances ou efficacité de l’arrêté ? Johan, qui « fait ça depuis des années », assure que « c’est toujours comme ça » et qu’il n’a jamais entendu parler de ces nuisances dont lui ou ses collègues seraient responsables. « On n’a pas le temps. On reste sur place cinq ou dix minutes, le temps de récupérer les plats. Sinon, on est toujours en train de circuler dans toute la ville. A peine le temps de déposer un repas et on doit déjà aller en chercher un autre. Donc on ne peut pas avoir d’endroits fixes pour attendre qu’une personne réserve », jure-t-il. A côté de lui, un autre coursier avoue être là depuis une vingtaine de minutes, avant de se lever pour voir où en est sa commande et de revenir bredouille. « Si on s’arrête plus longtemps, c’est seulement pour patienter le temps que les restaurants préparent les repas », explique-t-il.

De son côté, la ville de Nice « constate déjà moins de nuisances » depuis la mise en place de l’arrêté, sans pouvoir communiquer de chiffres exacts. Elle précise « qu’un bilan sera fait la fin du mois de janvier ». L’occasion de mesurer s’il est nécessaire de reconduire cette réglementation ou non, le texte étant valable jusqu’au 1er février inclus.

*Le prénom a été modifié.