Affaire Delphine Jubillar : Au deuxième jour des fouilles, des proches de l’infirmière « dubitatifs » sur les « provocations » de Cédric Jubillar

ENQUETE Au deuxième jour des vastes fouilles entreprises dans les environs du domicile du couple Jubillar, Philippe Pressecq, l’avocat de la cousine de l’infirmière disparue, se montre méfiant sur les confidences carcérales du suspect n° 1

Hélène Menal
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Devant le domicile des Jubillar à Cagnac-les-Mines, un an après la disparition de Delphine. Illustration.
Devant le domicile des Jubillar à Cagnac-les-Mines, un an après la disparition de Delphine. Illustration. — F. Scheiber - AFP
  • Lundi de nouvelles fouilles de grande ampleur ont débuté aux abords du domicile de Delphine Jubillar, disparue depuis treize mois.
  • Avec l’appui de militaires spécialisés dans la recherche des corps, elles se concentrent autour d’une ferme, à la suite des confidences qu'aurait faites le mari et suspect n° 1 à un codétenu.
  • S’il approuve la reprise des fouilles, Philippe Pressecq, l’avocat de la cousine de l’infirmière disparue, se méfie aussi de ce qu’il appelle les « provocations » de Cédric Jubillar.

Dans le même épais brouillard que lundi, les vastes fouilles ont repris ce mardi matin à  Cagnac-les-Mines pour tenter de retrouver le corps de  Delphine Jubillar. Elles ont lieu dans un périmètre situé à un kilomètre environ de la maison du couple, où l’infirmière a été vue pour la dernière fois dans la soirée du 15 décembre 2020. Et notamment autour de la fameuse ferme brûlée de Drignac où, selon un codétenu du mari, Cédric Jubillar, le corps aurait pu être dissimulé.

« Il faut continuer à fouiller. Refaire des fouilles à des endroits qui ont déjà été fouillés n’est pas parfaitement illégitime (…) Nous sommes très attentifs à l’évolution de la situation », indique Philippe Pressecq, l’avocat de la cousine de la disparue, interrogé par 20 Minutes.

Mais ce représentant des parties civiles se montre aussi méfiant sur la fameuse ferme brûlée, devenue l’épicentre des investigations. « Nous sommes très dubitatifs par rapport à ces fouilles, parce que leur origine, ce sont les discussions que Cédric Jubillar a eues avec son codétenu à la suite de son incarcération, confie-t-il Très franchement, la première chose qu’on apprend quand on rentre en prison, c’est qu’il ne faut pas parler à ses codétenus, parce que ce que l’on dit est répété. Je trouve complètement invraisemblable qu’une personne qui nie sa culpabilité de manière aussi farouche se confie au premier venu sur l’emplacement du corps de sa victime ».

La crainte que Cédric Jubillar veuille « se mettre en lumière »

L’avocat albigeois craint une nouvelle « provocation » du suspect n°1 : « En réalité Cédric Jubillar est un pervers, un provocateur malsain, estime-t-il. Il joue avec tout le monde depuis le début. Il a joué avec sa famille, ses amis, il a joué avec les enquêteurs, il a joué avec les juges et il se fait un malin plaisir d’amener les gens sur des pistes. Il veut se mettre en lumière, même si c’est une lumière un peu noire ».

Philippe Pressecq n’exclut pas non plus que le corps ait pu être déplacé. « Il s’est passé six mois entre l’incarcération de Cédric Jubillar et la disparition de son épouse, durant lesquels il a pu se passer beaucoup de choses », rappelle-t-il.

Les fouilles doivent durer plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Un escadron de gendarmes mobiles a rejoint ce mardi les militaires spécialisés déjà déployés lundi. Il est chargé de sonder et ratisser les environs. Selon un journaliste de l’AFP, présent sur place, une tente blanche a été dressée ce mardi dans une zone dense en arbres et buissons située en contrebas de la fameuse ferme. Des bruits de débroussailleuses s’élèvent du site.