Affaire Delphine Jubillar : Ce que l’on sait sur les moyens déployés lors de ces nouvelles fouilles

ENQUETE Une centaine de gendarmes et militaires, dont certaines unités de fouilles spécialisées, sont déployés près du domicile des Jubillar pour retrouver le corps de l’infirmière disparue

B. C. avec T. C.
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De nouvelles fouilles ont débuté dans le secteur de Cagnac-les-Mines (Tarn) pour retrouver le corps de Delphine Jubillar.
De nouvelles fouilles ont débuté dans le secteur de Cagnac-les-Mines (Tarn) pour retrouver le corps de Delphine Jubillar. — Lionel Bonvaneture / AFP
  • Depuis ce lundi matin, une centaine de gendarmes et militaires sont déployés sur plusieurs sites à Cagnac-les-Mines, le village du Tarn où Delphine Jubillar a disparu dans la nuit du 15 au 16 décembre.
  • Des « fouilles qui n’ont jamais cessé » selon les gendarmes, qui ont fait appel à des unités spécialisées, que ce soit l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale ou les militaires du service de « Fouille opérationnelle spécialisée » de Montauban.
  • Ces investigations de terrain ont lieu notamment dans un hameau, au niveau d’une ferme qui a brûlé en avril dernier. Ce site aurait été désigné par Cédric Jubillar à un codétenu à qui il aurait confié y avoir enterré son épouse.

Elles devraient durer « plusieurs jours », voire « plusieurs semaines » selon une porte-parole de la région de gendarmerie d'Occitanie. De  nouvelles fouilles ont débuté ce lundi matin à Cagnac-les-Mines et ses environs dans le cadre de  l'affaire Jubillar. Les militaires sont à la recherche du corps de l’infirmière disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, mais aussi d’indices qui pourraient éclairer les enquêteurs sur ce qui s’est passé au cours de la soirée au sein du domicile du couple Jubillar.

Depuis des mois, ces derniers ont la conviction que Cédric, le mari de Delphine, est à l’origine de la disparition de l’infirmière de 33 ans. Ils ont réuni des « indices graves et concordants » qui ont conduit à sa mise en examen pour « meurtre » le 18 juin dernier. Une thèse qui aurait été confortée ces dernières semaines après les déclarations d’un codétenu aux membres de la section de recherches de Toulouse.

Ce dernier affirme qu’il a recueilli les aveux de Cédric Jubillar à la maison d’arrêt de Seysses. Le plaquiste lui aurait confié avoir enterré sa femme dans une ferme située à moins de deux kilomètres de son domicile. Une confession qu’il aurait faite aussi à Séverine, sa nouvelle compagne. C’est l’une des raisons de son placement en garde à vue mi-décembre. Mais au bout de 36 heures, cette dernière était sortie libre sans poursuite, niant être allée avec ce fameux codétenu près du lieu-dit Drignac à la demande de Cédric.

Une centaine de gendarmes et militaires déployés

C’est pourtant bien sur ce lieu que sont retournés ce lundi matin les gendarmes. « Nous reprenons les fouilles, elles n’ont jamais cessé, des moyens ont toujours été engagés », poursuit la porte-parole de la gendarmerie. Cette fois-ci, ils sont toutefois plus conséquents. Au-delà des gendarmes du groupement du Tarn et ceux de la section de recherches de Toulouse, en charge de l’enquête, des moyens plus spécialisés sont sur le terrain.

Il y a cette fois-ci les membres de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale, une unité qui s’occupe des investigations scientifiques, des analyses de prélèvements criminels. En parallèle, les militaires du service de « Fouille opérationnelle spécialisée » du 17e régiment du génie parachutiste de Montauban, sont aussi de la partie. Spécialisés dans les fouilles de terrain, ces hommes sont déjà intervenus dans  l'affaire Estelle Mouzin.

« La grosse particularité de cette affaire, c’est que nous nous trouvons sur des zones accidentées, un terrain difficile qui complique les recherches », poursuit la représentante de la gendarmerie. Pour aider ces effectifs déjà importants dans leurs recherches, ils recevront l’appui dès mardi d’un escadron de gendarmerie mobile. Soit plus d’une centaine de personnes déployées sur le terrain.

La ferme déjà fouillée

Si ces fouilles sont d’une ampleur importante par les moyens utilisés, ce ne sont pas les premières dans ce dossier. Notamment à la ferme brûlée indiquée par le codétenu comme étant le lieu de sépulture de Delphine Jubillar. « Cette idée que le corps serait enterré dans cette ferme qui a brûlé est connue des services enquêteurs depuis le mois de juin. Je pense que toutes les investigations ont déjà été faites à cet endroit-là, et elles ont été faites, c’est une certitude. S’ils veulent y retourner, c’est que cela a été mal fait la première fois, mais qu’ils y retournent. Si c’est sérieux ce qu’affirme cet homme, pourquoi on ne l’a pas trouvée ? », s’interrogeait mardi dernier Jean-Baptiste Alary, l’un des trois avocats de Cédric Jubillar.

Ce jour-là, il avait plaidé la remise en liberté de son client devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Toulouse. Une demande à nouveau rejetée vendredi, alors que le mari de l’infirmière doit être à nouveau interrogé début février par les juges d’instruction. Ces derniers veulent notamment l’entendre sur ce qu’il aurait pu dire à son codétenu et sa nouvelle compagne.