Landes : Pourquoi la grippe aviaire frappe-t-elle encore si durement le monde avicole ?

EPIDEMIE La propagation du virus « aussi rapide et sur d’aussi longues distances reste un mystère » indique la Chambre d'agriculture, qui veut désormais comprendre pourquoi les élevages sont aussi fragiles face à la grippe aviaire

Mickaël Bosredon
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Elevage de canards dans les Landes
Elevage de canards dans les Landes — Pascal Saura/Sipa

Les Landes, pays du  foie gras à forte concentration d’élevages, comptaient vendredi 110 foyers  d’influenza aviaire hautement pathogène de type H5N1, d’après la préfecture. Le monde avicole landais, gagné « par un profond sentiment d’injustice » face à ce retour de la grippe aviaire malgré la mise sous abri des animaux et avec désormais plus de 100 foyers en élevage, veut « comprendre et avoir des réponses », a indiqué une responsable.

Moins d’un mois après l’apparition d’un premier cas dans le département le 17 décembre, plus des deux-tiers des 165 foyers en élevage recensés par le ministère de l’Agriculture se trouvent désormais dans ce département. En outre, 33 cas de suspicion de grippe aviaire étaient vendredi « en attente de confirmation », d’après la préfecture.

Des éleveurs déjà largement touchés l’hiver dernier

« C’est entre colère, sidération, abattement ou désarroi que nous vivons ce nouvel épisode », a écrit vendredi la présidente de la Chambre d’agriculture dans une lettre aux éleveurs landais, déjà fortement touchés par l’épizootie de l’hiver précédent (3,5 millions de volailles abattues, essentiellement des canards dans le Sud-Ouest).

« Un profond sentiment d’injustice nous gagne, tant nous étions convaincus que tous les efforts consentis allaient porter leurs fruits, ajoute Marie-Hélène Cazaubon. L’an passé, 60 % des élevages étaient dehors sous dérogation. Cette année, 95 % des animaux étaient à l’abri et les densités de production avaient été drastiquement diminuées depuis septembre. »

« Il est primordial de comprendre et d’avoir des réponses pour savoir pourquoi, malgré toutes les évolutions et les investissements réalisés, nos systèmes d’élevage restent aussi fragiles face à une circulation virale, écrit-elle. La propagation [du virus] aussi rapide et sur d’aussi longues distances reste un mystère ». Selon elle, le virus actuel est « un variant de celui de l’an dernier » et les « volailles maigres y sont beaucoup plus sensibles ».

« La claustration n’a pas su éviter une quatrième crise en six ans »

Pour éviter les contacts avec les oiseaux migrateurs potentiellement porteurs du virus, les autorités françaises avaient demandé dès début novembre à tous les producteurs de confiner leurs volailles.

Mais les premiers cas ont été détectés dans des élevages conventionnels, en bâtiment, ravivant la colère des syndicats agricoles Confédération paysanne et Modef qui dénoncent « la claustration, mesure phare du gouvernement », également soutenue par les principaux acteurs de la filière, qui n’a « pas su éviter une quatrième crise en six ans ».

Etude épidémiologique

D’après la préfecture, une étude épidémiologique est menée dans les Landes par des agents de l’Agence nationale de sécurité sanitaire et de l’alimentation (ANSES) afin de comprendre l’origine de l’apparition des premières contaminations et les causes de la diffusion du virus.

Au total, 29 pays européens sont touchés par la grippe aviaire en cette période de migration nord-sud des oiseaux, selon le ministère de l’Agriculture.