Lyon : Le nouveau Sytral va-t-il assurer une meilleure desserte de la métropole ?

MOBILITE Le Sytral, devenu un établissement public local au 1er janvier, s’est doté d’un nouveau conseil d’administration où l’opposition occupe 4 sièges contre 7 auparavant. Dans l’Ouest lyonnais, régi en majorité par l’opposition, on reste sceptique vis-à-vis des conséquences sur leurs transports en commun

Jennifer Lesieur
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Malgré la crise, le Sytral de Lyon a prévu d'investir 2,5 milliards d'euros dans les transports en commun d'ici la fin de l'année 2026.
Malgré la crise, le Sytral de Lyon a prévu d'investir 2,5 milliards d'euros dans les transports en commun d'ici la fin de l'année 2026. — PHILIPPE DESMAZES / AFP
  • Le Sytral est devenu au 1er janvier un établissement public local, avec un nouveau conseil d’administration où l’opposition est fortement minoritaire.
  • Les élus des communes de l’ouest lyonnais n’y auraient que peu de poids pour améliorer un réseau de transports en commun perfectible dans cette zone.
  • A Saint-Cyr-au-Mont-d’Or, on n’a pas attendu ce changement pour réclamer une meilleure desserte, même si le nouveau Sytral assure vouloir unifier le réseau sur un très large territoire.

Le 1er janvier, le Sytral est devenu un établissement public local, AOTML (Autorité Organisatrice des Mobilités et des Territoires Lyonnais). Selon un communiqué, cette nouvelle instance « porte désormais de nouvelles missions de coordination, d’information multimodale et de planification de l’ensemble des mobilités » dans le Rhône.

Le premier conseil d’administration de la nouvelle instance décisionnaire s’est tenu lundi 10 janvier. Il était présidé par Bruno Bernard, par ailleurs président de la métropole, et composé de 38 membres. Or, la nouvelle composition comprend 24 élus de la métropole, dont 16 EELV, contre 4 élus de l’opposition seulement. La métropole disposera donc de 71 voix sur 98 au total. L’Ouest lyonnais, dont les mairies relèvent en majorité de l’opposition, pourrait craindre de ne pas avoir la main sur le futur de leurs transports en commun, perfectibles dans cette zone.

Un réseau unique qui couvrirait au-delà de la métropole

La priorité de Jean-Charles Kohlhaas, vice-président du Sytral, est de constituer « un réseau unique, le plus large possible – dans un premier temps sur le département du Rhône – mais permettant à d’autres territoires de s’agréger à cette zone », assure-t-il. « Ce nouveau réseau, qui se mettra en place dans les deux prochaines années, aura « un seul système de tarification, de billettique, pour que le service à l’usager soit le plus fluide possible ».

Une amélioration visible est attendue pour septembre 2023, qui passe par une fusion des trois réseaux existants : « le réseau TCL de la métropole, le réseau Libellule de Villefranche, et le réseau périurbain des cars du Rhône », poursuit Jean-Charles Kohlhaas, « pour hiérarchiser les lignes et les rendre régulières, cadencées, efficaces ». Un seul titre de transport permettra de passer d’une ligne à l’autre, d’un car à un métro… Si l’AOTML assure ne pas vouloir augmenter les tarifs, elle réfléchit à une tarification zonale, comme autrefois en Ile-de-France.

Pas d'amélioration en vue à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or

Reste à savoir comment l’AOTML compte mieux desservir les communes proches mais mal desservies, comme dans les monts du Lyonnais, où les habitants disposent de peu d’alternatives à la voiture. Cyrille Bouvat, délégué aux transports à la mairie de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or, est sceptique : « Pour nous, ce changement de statut du Sytral est assez invisible. On ne voit pas en quoi cela peut améliorer notre desserte, puisque bien avant cela, on a vu que les axes des lignes fortes programmées par le Sytral, tout comme les Voies lyonnaises, partent vers le val de Saône, Champagne, Ecully… tandis que Saint-Cyr est un peu au milieu de tout ça et n’a pas de projet structurant fort en transports en commun. »

Etant donné que la géographie des monts du Lyonnais empêche la construction d’un tramway, la mairie de Saint-Cyr aurait souhaité au mieux « une extension de la ligne D, qui aurait évité des flux de véhicules. Mais cette hypothèse semble avoir été rejetée par le président du Sytral ».

Renforcer le service existant avant les solutions alternatives

Le problème d’une commune comme Saint-Cyr se pose d’autant plus que le dernier mandat a vu un certain nombre d’opérations foncières. « Des promoteurs sont venus », confirme Cyrille Bouvat, « les années à venir vont nous faire gagner mille habitants supplémentaires. Les difficultés de circulation actuelles risquent donc de s’aggraver, d’autant plus qu’on n’avance pas, ou peu, sur des solutions alternatives telles qu’une ligne de vélo sécurisée ou des lignes d’autopartage. »

Jean-Charles Kohlhaas précise que plusieurs pistes sont à l’étude à l’AOTML, tout en reconnaissant que « certaines communes proches, qui sont déjà dans le réseau TCL, ont une offre perfectible. Saint-Fons, par exemple, n’avait aucune ligne forte de transports collectifs. Notre objectif est de renforcer le service là où il existe, et surtout d’aller dans les territoires où la desserte est mauvaise, que ce soit au cœur de la métropole ou sur ceux couverts par les Cars du Rhône. L’objectif est qu’il y ait le moins possible, voire pas du tout, de zones blanches. Et il y a déjà une forte volonté de coopérer de la part de tous les territoires. » Si l’opposition est presque absente du conseil d’administration de l’AOTML, la coopération directe avec ses élus est peut-être le moyen le plus sûr d’avoir un poids sur les futures mobilités.