La marque française Sézane s'excuse après une vidéo au Mexique avec une femme zapotèque

PUBLICITE Une séance photo et une vidéo avec une dame âgée d’une communauté indigène, réalisée par la marque française, a fait scandale au Mexique

20 Minutes avec AFP
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Le site Internet de la marque français Sézane.
Le site Internet de la marque français Sézane. — Capture écran

La marque française Sézane a présenté ses excuses, mercredi, après une séance photo et une vidéo avec une dame âgée  d’une communauté indigène qui a fait scandale  au Mexique, où les autorités actuelles se déclarent particulièrement sensibles au respect des peuples autochtones.

« Je veux exprimer mes profondes excuses pour mes erreurs », a écrit la fondatrice de Sézane, Morgane Sézalory.

Une enquête ouverte

Son message en anglais a été partagé mardi sur le compte Instagram de l’ONG Lienzos extraordinarios​, qui avait déjà publié la vidéo deux jours plus tôt. Elle montre une femme indigène âgée, assise et revêtue d’un gilet vert, photographiée par plusieurs jeunes gens qui parlent en français et dont certains rient ou ne portent pas de masque. La dame est ensuite invitée par une membre de l’équipe à esquisser quelques pas de danse sur le tube de Mary Hopkin Those were the days. La vidéo a été tournée à une date indéterminée dans l’Etat de Oaxaca (sud-ouest) et la dame appartient à la communauté zapotèque, d’après des sources au Mexique.

L’entreprise parisienne a été accusée de « manipuler, utiliser et exhiber des personnes âgées des peuples originaires dans le cadre de sa publicité », dans un communiqué officiel à en-tête du ministère de la Culture et du Conseil national de prévention des discriminations (Conapred). L’Institut national des peuples indigènes (INPI) a aussi condamné « l’exploitation de l’image de personnes indigènes de la part de la marque Sézane » et lancé « un appel aux marques et aux entreprises privées pour qu’elles cessent d’exploiter les peuples et les communautés indigènes et afro-mexicaines en tant que capital culturel ». Dans son communiqué, l’organisme officiel annonce une « enquête pour agir conformément à la loi ».

« Appropriation culturelle »

L’actuel gouvernement de gauche nationaliste a dans le viseur les marques de mode internationales qui plagient, selon l’exécutif mexicain, les motifs de l’artisanat indigène dans leurs lignes de vêtements. Mexico dénonce une entreprise « d’appropriation culturelle ». Une autre créatrice française, Isabel Marant, avait déjà présenté ses excuses en novembre 2020 après avoir été accusée d’avoir plagié les motifs d’artisans purepecha pour l’un de ses manteaux.

En novembre dernier, le gouvernement avait organisé des rencontres entre des marques de mode internationales (Isabel Marant, l’Espagnole Agatha Ruiz de la Prada…) et des artisans de communautés venues de tout le pays. Le Mexique compte 126 millions d’habitants dont 7,3 millions (6,1 % de la population) parlent une langue indigène, d’après le dernier recensement de l’Institut national de statistiques et de géographie (Inegi) datant de 2021. Et 2 % de la population (2,57 millions) se reconnaît dans l’identité « afro-mexicaine » ou « afro-descendante ».