Cannes : La fermeture d’une mosquée demandée par Gérald Darmanin, notamment pour « des propos antisémites »

CULTE Le lieu de culte pourrait être devenu « un lieu de radicalisation » selon la mairie qui pointe « des prises de position de l’ancien recteur »

Fabien Binacchi
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La mosquée Al Madina Al Mounawara, dans le centre-ville de Cannes
La mosquée Al Madina Al Mounawara, dans le centre-ville de Cannes — Google Maps
  • Une procédure de fermeture administrative de la mosquée Al Madina Al Mounawara, à Cannes, est lancée, a annoncé le ministre de l'Intérieur.
  • « Cela fait quelque temps, plusieurs années même que le maire tire la sonnette d’alarme sur ce qui peut s’y passer, ce qui peut s’écrire sur les réseaux sociaux », explique le directeur général des services de la mairie de Cannes à 20 Minutes.

Le ministre de l’Intérieur a justifié sa décision en raison, notamment, de « propos antisémites » proférés.   Gérald Darmanin a annoncé ce mercredi sur Cnews avoir demandé la fermeture de la mosquée du centre-ville de   Cannes (Alpes-Maritimes).

« Nous fermons l’une des mosquées de Cannes car nous lui reprochons des propos antisémites, des soutiens au CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France) et BarakaCity », dissous fin 2020, a indiqué le ministre de l’Intérieur sur Cnews.

« A [sa] demande, le préfet des Alpes-Maritimes a lancé une procédure contradictoire afin d’envisager la fermeture administrative de la mosquée Al Madina al Mounawara pour une durée de deux mois », ont précisé les services de l’Etat dans la matinée.

« Radicalisation » et « prises de position »

La préfecture rappelle ainsi qu’une loi « prévoit que le représentant de l’Etat dans le département peut prononcer la fermeture temporaire des lieux de culte dans lesquels les propos qui sont tenus, les idées ou théories qui sont diffusées ou les activités qui se déroulent provoquent à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes ou tendent à justifier ou à encourager cette haine ou cette violence ».

Elle avance que la mosquée Al Madina Al Mounawara « promeut la charia, soutient l’islam radical et favorise de ce fait le repli séparatiste » et explique que « des comportements ambigus ont été entretenus avec des individus appartenant à la mouvance islamiste radicale et acquis aux thèses pro djihadistes ». Sur les réseaux sociaux, le lieu de culte multiplie ainsi « les propos haineux envers la France, ses institutions et ses lois », tient aussi « des propos incitant à la haine envers les homosexuels ou transsexuels » et « montre une haine antisémite explicite », selon les autorités.

Les responsables de la mosquée n’étaient pas joignables dans l’immédiat.

« L’immense majorité » de ceux qui la fréquentent « ne partage pas sa dérive »

La mosquée Al Madina Al Mounawara, située avenue du Petit Juas « est implantée sur un terrain privé depuis plusieurs décennies », a précisé la mairie de Cannes, qui a immédiatement réagi. « Cette décision intervient après un travail minutieux de recherches des services de l’Etat et de multiples signalements effectués directement par la municipalité depuis 2015 », explique ainsi l’hôtel de ville.

Sur CNews, Gérald Darmanin a d’ailleurs indiqué qu’il s’était entretenu avec le maire LR David Lisnard et que ce dernier soutenait « courageusement » cette décision de lancer une procédure de fermeture administrative.

« Cela fait quelque temps, plusieurs années même, que le maire tire la sonnette d’alarme sur ce qui peut s’y passer, ce qui peut s’écrire sur les réseaux sociaux », a confirmé à 20 Minutes le directeur général des services. Selon Thierry Migoule, les autorités ont pris cette décision car le lieu de culture serait devenu « un lieu de radicalisation » et à cause de « des prises de position de l’ancien recteur ».

« Nous savons que l’immense majorité des musulmans qui fréquentent cette mosquée très ancienne ne partagent pas sa dérive, certains nous avaient d’ailleurs alertés. Il leur revient donc de faire émerger de nouveaux dirigeants respectueux de la République française et du pays pour que le lieu de culte puisse alors rouvrir, comme vu avec le ministre de l’Intérieur », écrit également la municipalité dans un communiqué.