Sécurité : Le gouvernement veut allouer au numérique 7,5 milliards d’euros sur 5 ans

PROTECTION L’avenir du projet de loi Lopmi est toutefois suspendu à la présidentielle. Le texte constitue donc plutôt le programme sécurité du futur candidat Macron

20 Minutes avec AFP
Le gouvernement a prévu d'investir massivement dans le numérique dans son projet de loi d'orientation et de programmation du ministère de l'Intérieur (illustration).
Le gouvernement a prévu d'investir massivement dans le numérique dans son projet de loi d'orientation et de programmation du ministère de l'Intérieur (illustration). — FRED SCHEIBER/20 MINUTES/SIPA

Le développement de la sécurité informatique a les faveurs du gouvernement. L’exécutif veut en effet augmenter massivement ses investissements dans le numérique dans son projet de loi d’orientation et de programmation du  ministère de l’Intérieur (Lopmi) en y consacrant la moitié des 15 milliards d’euros supplémentaires annoncés par Emmanuel Macron.

« Les investissements dans le cyber représentent 50 % de l’enveloppe supplémentaire annoncée », soit 7,5 milliards d’euros sur cinq ans, a-t-on appris mardi auprès du ministère de l’Intérieur. Néanmoins, l’avenir de ce projet de loi, qui sera présenté début mars en Conseil des ministres, est suspendu à l’élection présidentielle. Il constitue donc en l’état actuel le programme sécurité du futur candidat Macron.

Darmanin veut numériser l’ensemble des documents officiels

Lundi, lors de son déplacement à Nice, le chef de l’Etat a longuement insisté sur la nécessité de lutter contre la cyberdélinquance, évoquant la création de cyberpatrouilleurs. L’ambition du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin est de parvenir à numériser l’intégralité des documents officiels (cartes d’identité, permis de conduire, cartes grises…) et des procédures pénales (enregistrement de la plainte, audition, signature…). Le ministère a ainsi mandaté une start-up pour retranscrire numériquement les voix d’enfants lors de leur audition, ce qui n’est pas possible actuellement.

A plus court terme, il s’agit aussi pour le gouvernement de se doter de tous les outils nécessaires à la sécurisation des grands événements sportifs à venir, comme la coupe du monde de rugby en 2023 et les Jeux olympiques de 2024. Lors des Jeux de Tokyo, qui se sont déroulés sans public en raison de la pandémie, « le principal défi des autorités était de gérer la menace cyber », avait d’ailleurs expliqué en octobre, le général Marc Boget, commandant de la gendarmerie dans le cyberespace. « Il avait eu alors des milliards d’événements cyber recensés et 70.000 alertes avérées à vérifier durant les vingt jours de la compétition, soit 3.500 par jour ».

Un milliard pour les JO

Pour les Jeux de 2024 à Paris, les autorités s’attendent à un chiffre astronomique, de « l’ordre de 400.000 attaques cyber ». Il est prévu de consacrer « un milliard d’euros » d’investissement à la sécurisation de l’événement (nouveau centre de crise, caméras dans les stades, moyens de lutte contre les drones…). Le député LREM de la Loire, Jean-Michel Mis, a été chargé d’un rapport sur les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle qu’il doit remettre prochainement au gouvernement.