Marseille : Moins de transports en pleine cinquième vague… La décision de la RTM prend un tour politique

CORONAVIRUS Depuis lundi, la fréquence des métros, tramways et d’une vingtaine de lignes de bus a diminué sur le réseau de transports marseillais

Caroline Delabroy
— 
Dans le métro de Marseille passé en horaires vacances, ce mardi 11 janvier 2021
Dans le métro de Marseille passé en horaires vacances, ce mardi 11 janvier 2021 — C.Delabroy/20 Minutes
  • En raison de la cinquième vague qui touche ses personnels et du télétravail, la RTM a décidé de passé en horaires verts l’ensemble de ses lignes de métros et tramways, et une vingtaine de lignes de bus.
  • Aucune date n’est encore avancée pour la fin de cette mesure.
  • Le Printemps Marseillais accuse la métropole de « mettre en danger » la sécurité des Marseillais.

« Les deux rames viennent de passer Madame ! » En temps normal, cette phrase lancée par un ado goguenard depuis l’escalator d’en face, aurait fait sourire. Sauf que depuis lundi, la RTM est passée à Marseille en horaires vacances, et il faut attendre ce mardi matin pas moins de 7 minutes avant le prochain passage du métro. Cette réduction du trafic, qui intervient en pleine cinquième vague du  Covid-19, concerne aussi bien le métro que le tramway. Une vingtaine de lignes de bus sont aussi impactées, la ligne 21 jet reliant directement le centre-ville et le  campus de Luminy étant elle carrément suspendue.

Combien de temps la mesure va-t-elle durer ? « Aujourd’hui, il n’y a pas de date de fin », confie-t-on à la RTM. Le réseau de transports marseillais justifie cette réduction de son service par « une baisse de fréquentation de l’ordre de 30 % sur le réseau », à la suite des annonces gouvernementales sur les trois jours obligatoires de télétravail, et « le manque de personnel lié à cette cinquième vague », qu’ils soient « cas positifs, cas contact ou dans l’obligation de rester chez eux pour s’occuper des enfants ». « Rapporté à l’ensemble du réseau, on diminue de 7 % notre offre », calcule la RTM, qui n’a toutefois pas pris la peine d’avertir les usagers via ses deux comptes Twitter.



« On ne découvre pas cette épidémie ! »

Beaucoup ont découvert lundi la situation, qui a fait réagir sur les réseaux sociaux. De l’avis même de Nicolas Rougerie, secrétaire général de la CFDT RTM, « il est très difficile de faire respecter les distanciations sociales. » Selon lui, « les échos du terrain ne rendent pas compte d’une baisse significative de la fréquentation », malgré le télétravail. « On le déplore, mais y a-t-il une autre solution que de baisser notre offre car on n’a pas de chauffeur pour conduire le bus ? », interroge-t-il, réfutant l’idée de faire appel à des emplois précaires.

« On ne découvre pas cette épidémie, on en est à la cinquième vague et on se rend compte que la RTM n’a pas anticipé, dénonce de son côté Audrey Gatian, adjointe au maire en charge des mobilités. Quand on a une volonté politique d’avoir un service public maintenu, on met en place des solutions RH. On ne peut pas dire que les gens ne se déplacent plus, c’est contraire à la réalité du terrain ! » Et d’ajouter : « On appelle à un service normal pour une meilleure distanciation, on ne demande même pas un service renforcé, ce qui pourrait être logique en période de crise sanitaire. »

« La métropole met en danger la sécurité des Marseillais », accuse aussi le Printemps marseillais, qui dénonce dans un communiqué un « choix incompréhensible » et « une décision unilatérale en contradiction totale avec l’accentuation de la cinquième vague qui frappe durement notre ville ». Dans un échange avec une élue de la majorité sur Twitter, la présidente de la RTM, Catherine Pila, a réagi en ces mots : « Les conducteurs ne sont pas en télétravail, eux ! Ils sont en première ligne pour le service au public ! Et certains sont malades. Rendez leur hommage, plutôt que de critiquer leur mission ! Et fournissez les agents crèches écoles en FFP2 ! Faudrait pas en fermer encore ! »

Contactée, Catherine Pilla n’a pas répondu pour l’instant aux sollicitations de 20 Minutes. Et un communiqué de la métropole était à l'étude, sur un sujet qui a pris ce mardi une tournure très politique.