Coronavirus en Bretagne : Avec ses autotests, NG Biotech a trouvé le bon filon

BONNE AFFAIRE Implantée à Guipry-Messac au sud de Rennes, la société tourne à plein régime et envisage d’augmenter encore ses capacités de production pour faire face à une demande exponentielle

Jérôme Gicquel
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Depuis plusieurs semaines, la société NG Biotech croule sous les commandes.
Depuis plusieurs semaines, la société NG Biotech croule sous les commandes. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • La société bretonne NG Biotech, qui fabrique des autotests, doit faire face à une demande exponentielle depuis plusieurs semaines.
  • Elle envisage d’augmenter encore sa production pour atteindre les cinq millions d’unités par mois d’ici février.
  • NG Biotech a également dans les cartons un test de suivi vaccinal.

C’est le produit le plus recherché depuis les fêtes de fin d’année. En pleine flambée du variant Omicron, les Français se ruent sur les autotests, devenus en quelques semaines un « réflexe » dans la lutte contre l’épidémie. La demande est telle que certaines pharmacies commencent à manquer de stocks. Pour les fabricants, le business est florissant. A Guipry-Messac, au sud de Rennes, la société NG Biotech tourne ainsi à plein régime depuis la fin novembre. « On fournit quelques pays en Europe de l’Est et on a vu cette cinquième vague arriver, ce qui nous a permis d’anticiper », souligne son PDG Milovan Stankov-Pugès.

Implantée à Guipry-Messac au sud de Rennes, la société NG Biotech emploie 120 personnes.
Implantée à Guipry-Messac au sud de Rennes, la société NG Biotech emploie 120 personnes. - J. Gicquel / 20 Minutes

Alors qu’elle ne produisait que 500.000 autotests par mois en septembre et octobre, la société a rapidement accéléré la cadence pour atteindre les 2,5 millions d’unités en décembre. Pour augmenter ses capacités de production, la société a revu totalement son organisation en passant à la semaine de 40 heures et en mettant en place un système en 2x8. Elle a aussi fait appel à des partenaires, comme les laboratoires Boiron, qui l’aident pour l’étape finale de mise en kit de ses autotests antigéniques, vendus sous la marque Ninonasal. « On continue de le faire mais c’est un goulot d’étranglement pour nous, indique le chef d’entreprise. Et pendant qu’on fait de la mise en kit, on ne produit pas de tests ».

Cinq millions d’autotests produits par mois d’ici février

Dans les prochains jours, l’effort de guerre va encore s’intensifier avec l’objectif de produire 5 millions d’autotests par mois. Une nouvelle montée en charge qui passera par une organisation en 3x8 et le recrutement d’une quarantaine intérimaires. « On n’était que trente avant le début de la pandémie et nous sommes aujourd’hui 200 », souligne Milovan Stankov-Pugès qui, comme ses autotests, se doit d’être réactif. « Tous les scientifiques s’accordent à dire qu’il y aura de nouvelles vagues donc on se tient prêt », assure-t-il.

Avant de se focaliser sur les autotests, NG Biotech s’était déjà distinguée au tout début de la crise sanitaire en commercialisant un test sérologique « ultra-rapide » permettant à partir d’une simple goutte de sang de savoir si le patient a été en contact avec le virus. Parmi les premiers acteurs mondiaux à dégainer, la société bretonne avait alors croulé sous les demandes, l’obligeant à construire un second site de production. « Le produit est toujours disponible mais il n’y a plus de demandes », indique le PDG.

Cela n’a pas freiné la société qui continue d’investir dans la recherche et le développement avec un test de suivi vaccinal qui est actuellement dans les cartons. « C’est un test sérologique qui détecte les anticorps neutralisants, précise-t-il. On attend désormais les recommandations des autorités sanitaires avant de le commercialiser ». Chez NG Biotech, la crise sanitaire n’a donc pas fini de faire tourner les affaires.