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DESERTLes restaurants au « point critique » avec la hausse du télétravail

Coronavirus: Face à la baisse du nombre de clients à cause du télétravail, « s’adapter ne suffit plus » pour les restaurants

DESERTAvec le télétravail obligatoire, les employés ont déserté les bureaux et les commerçants aux alentours en pâtissent. A Levallois-Perret, les petits restaurateurs cherchent la recette pour attirer à nouveau
Au Theory, Sabine et Tom attendent les premiers clients
Au Theory, Sabine et Tom attendent les premiers clients - Desthieux / 20 Minutes / 20 Minutes
Charles Desthieux

Charles Desthieux

L'essentiel

  • Avec les trois jours de télétravail pour de nombreux salariés, les restaurants et enseignes à emporter comptent leurs clients le midi dans les quartiers d’affaires.
  • A Levallois-Perret, certains propriétaires sont « à un point critique » et « puisent dans leur trésorerie ».
  • Une étude prédit que la baisse de fréquentation aux heures du déjeuner « continuera après la crise », estimée à 20 %.

Il est midi, dans ce quartier d’affaires de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), juste de l’autre côté du périph'. C’est l’heure du déjeuner. Habituellement, une vague d’employés affamés déferle vers les rues commerçantes. Ce jeudi, rue Louise-Michel, ça ne se bouscule pas. « Regardez autour de moi. Il n’y a personne », se désole Sabine, jeune salariée de Theory, un restaurant vegan. Depuis octobre, depuis son sobre comptoir où sont présentées des pâtisseries, Sabine voit peu de clients entrer au restaurant.

Elle n’est pas seule. Cette baisse de fréquentation fatigue les commerçants de la rue. Après deux ans de pandémie, les difficultés s’enchaînent. « C’est sans fin », confie Karine, gérante d’un bar à salade. Son établissement, It 2 Eat, est fortement impacté par cette baisse de fréquentation, il n’ouvre qu’aux heures de bureau. « Avant l’arrivée du Covid-19, mon restaurant faisait foule. Pour manger chez moi, les gens faisaient la queue dans la rue », lance Karine déboussolée. Aujourd’hui, il n’est même plus rentable. Elle s’est déjà séparée de trois employés, depuis 2020. « Ça fait des mois que je puise dans ma trésorerie. Je suis à un point critique. »

S’adapter pour survivre

La pause de midi est une heure cruciale pour ces commerces, situés dans des quartiers d’affaires, où travaillent des milliers de salariés. Alors pour attirer de nouveaux clients, les enseignes misent sur la livraison : « On a adapté notre menu pour cela », confie Tom Couture, gérant du Theory. Son établissement est même devenu pendant le premier confinement, une dark kitchen. Mais lui comme d’autres ont repris un mode de vie plus traditionnel depuis la réouverture des restaurants. Ce secteur très concurrentiel demande des investissements conséquents pour avoir assez de commandes, déclarent à 20 Minutes plusieurs gérants. « S’adapter ne suffit plus », lance Karine.

Impacté par la crise sanitaire, le quotidien des employés a drastiquement changé. Le télétravail ainsi que les contaminations les empêchent d’aller au bureau. « Un mal pour un bien, souffle Magali, chef de projet. Je préfère cuisiner chez moi plutôt que de dépenser de l’argent. »

La baisse de fréquentation aux heures du déjeuner « continuera après la crise », d’après une étude Food Service Vision, cabinet spécialisé dans le secteur de la restauration. Celui-ci estime que, dans les prochaines années, les commerces observeront une baisse d’au moins 20 %. « Les habitudes de consommation ont trop changé pour revenir à la normale », note-t-il. Aujourd’hui, la livraison fait légion. Si les télétravailleurs délaissent les zones commerciales autour de leur bureau, c’est avantageux pour les restaurateurs autour de leur domicile. Depuis deux ans, ils observent une hausse de fréquentation de 10 %.

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