Nouveau système de garde d’enfants, fusion d’aides… Les pistes de Macron pour l’insertion sociale

SOUTIEN Le chef de l'Etat a dévoilé de nouvelles mesures pour lutter contre «l'enracinement de la pauvreté»

20 Minutes avec AFP
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Illustration. Un enfant dans une crèche.
Illustration. Un enfant dans une crèche. — REVELLI-BEAUMONT/SIPA

Il veut relancer l’insertion sociale, qui a souffert de la pandémie. Revoir le système d’accueil des jeunes enfants, fusionner certaines aides sociales : Emmanuel Macron a évoqué jeudi différentes pistes pour favoriser l’insertion des plus fragiles et lutter contre « l’enracinement de la pauvreté » en France.

« Nous pensions ouvrir 30.000 places en crèche sur le quinquennat et nous arriverons à en ouvrir moitié moins, parce que notre système est aujourd’hui tellement éclaté, tellement complexe qu’il est devenu beaucoup trop lent », a déclaré Emmanuel Macron lors de son discours d’ouverture du congrès de la Fédération des acteurs de la solidarité qui regroupe des centaines d’associations spécialisées dans la lutte contre l’exclusion.

200.000 places d’accueil supplémentaires nécessaires

Le système d’accueil actuel des jeunes enfants « est facteur d’inégalité territoriale qu’il est extrêmement difficile de conjurer », a-t-il ajouté lors de cette visioconférence, estimant qu’il fallait « concevoir un nouveau système, plus clair » pour répondre à un besoin estimé à 200.000 places supplémentaires.

Il s’agit de « mettre en place un véritable droit à la garde d’enfants, qui devrait se traduire par un mode d’accueil individuel ou collectif accessible pour tous les parents avec une indemnisation en cas d’absence de solution », a précisé le président, qui ne s’est pas encore déclaré candidat à sa propre succession.

Fusionner RSA, APL et prime d’activité

Emmanuel Macron a également pointé le manque de lisibilité du système d’attribution des aides sociales, qu’il souhaite voir évoluer. « Aucune de nos aides sociales ne fonctionne avec les mêmes règles, la même définition de ressources » ce qui fait que « peu de gens comprennent le système », a-t-il déploré. « En fusionnant le RSA, la prime d’activité et les APL, nous pourrions sortir des centaines de milliers de personnes de la pauvreté ».

Mesure phare de la stratégie anti-pauvreté du gouvernement, le « revenu universel d’activité » prévoyait de fusionner plusieurs minima sociaux mais ce projet a été mis à l’arrêt. « Avec une telle fusion on poserait donc les bases d’un nouveau système social plus efficace, plus lisible et plus juste », a insisté le président auprès des associations qui luttent contre l’exclusion.

Emmanuel Macron a par ailleurs salué le travail des acteurs sociaux, particulièrement sollicités depuis le début de la crise sanitaire. Le gouvernement va organiser en février une « conférence sociale » pour évoquer leurs conditions de travail et proposer des solutions pour les améliorer.