Lyon : DBFlash, le radar anti-bruit développé à Ecully

SECURITE ROUTIERE La société MicrodB a conçu l’un des radars antibruit, actuellement testé en région parisienne et bientôt à Bron

Caroline Girardon
— 
DBFlash est le radar anti-bruit conçu par l'entreprise MicrodB à Ecully.
DBFlash est le radar anti-bruit conçu par l'entreprise MicrodB à Ecully. — MicrodB
  • Les radars antibruit sont arrivés. Ils seront testés dans huit collectivités de France.
  • Bron figure parmi les villes pilotes.
  • L’un des prototypes, baptisés dBFlash, a été conçu par la société MicrodB, basée à Ecully. Sa particularité : être doté d’un sonomètre « directif » qui permet d’isoler le bruit émis par un seul véhicule.

Gare aux pots d’échappement percés ou trafiqués. Ou aux motos trop pétaradantes. Sept radars anti-bruit ont été ou vont être installés  dans huit collectivités de France afin de traquer les véhicules trop bruyants, qui dépasseraient les 90 décibels. Une expérimentation, pour l’instant. Les premières mesures serviront en effet à affiner le seuil d’alerte.

Ces radars ont été développés par l’observatoire Bruitparif et deux sociétés françaises, dont l’entreprise MicrodB, basée à Ecully près de Lyon.  « C’est un projet sur lequel nous travaillons depuis longtemps », révèle Lucille Pinel, la directrice de l’entreprise, spécialisée dans le développement d’outils permettant d’isoler les sources de bruit.

Desceller les moteurs trafiqués

Le prototype dBFlash, conçu dans le Rhône, est actuellement testé dans les Yvelines et le sera d’ici quelques semaines à Bron. Il sera installé avenue Camille Rousset. Un « axe très passant » même « s’il n’est pas le plus connu », selon Marion Carrier, adjointe de la ville de Bron en charge de la voirie, des mobilités et des transports. « Le site en question répondait à tous les critères : ne pas être trop près de feux de circulation ou de dos-d’âne, qui imposent aux automobilistes de ralentir, ce qui risquait de parasiter l’expérimentation. L’axe, emprunté régulièrement par les motards, propose également une vision très dégagée », explique-t-elle.

« Le système permettra d’étudier la dimension de la pollution sonore et de déceler les moteurs trafiqués. C’est un phénomène courant parmi les deux roues que l’on a pu observer à Bron mais plus généralement sur la métropole de Lyon », ajoute l’élue se gardant bien de faire référence aux rodéos urbains dont la ville a été le théâtre, il y a quelques mois.

Sonomètre directif

Le prototype rhodanien propose une technologie différente des autres : un sonomètre « directif ». « L’appareil comprend un réseau de microphones qui permet de mesurer le bruit dans une seule direction, en s’affranchissant de toutes les autres sources de bruit alentour », précise Lucille Pinel. L’outil capte ainsi précisément le niveau sonore émis par un seul véhicule. La caméra, associée au dispositif, enregistre quant à elle, la plaque d’immatriculation du contrevenant.

En cas d’infraction, les automobilistes et motards pourront s’exposer à une contravention de 135 euros. Les amendes pourraient être délivrées à l’automne prochain. Pas avant. « Nous allons au cours de cette année, développer le produit final pour être certains qu’il soit maîtrisé. On se souvient des couacs des premiers radars de vitesse. La seconde étape consistera à obtenir l’homologation du LNE », détaille la directrice de MicrodB. Si le laboratoire national de métrologie et d’essais donne son feu vert, l’entreprise pourrait commercialiser ses radars en 2024, pour un montant qui n’a pas encore été fixé.

Des outils peu lucratifs

« Ces outils seront beaucoup moins lucratifs que les radars de vitesse car les véhicules gênants, qui dépassent le seuil autorisé, ne représentent que 1 % de la circulation, révèle Lucille Pinel. On ne peut pas les vendre au même prix qu’un radar de vitesse. »

D’autant que ce sont cette fois les métropoles et les communautés de communes qui auront la charge de les acheter et non l’Etat. Si l’expérimentation est concluante, les radars seront installés à plus grande échelle dans les zones de circulation limitées à 50 km/h. « Clairement, il est impossible que les quatre cylindres dépassent la limite sonore autorisée », conclut Lucille Pinel.