Rennes : Dans le monde de la magie, les femmes ne veulent plus être invisibles

ABRACADABRA Le festival international de la magie, qui se tient ce week-end à Rennes, s’attache à programmer chaque année des artistes féminines

Jérôme Gicquel
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L'artiste allemande Jaana Felicitas se produira ce week-end à Rennes à l'occasion du festival international de magie.
L'artiste allemande Jaana Felicitas se produira ce week-end à Rennes à l'occasion du festival international de magie. — Bearbeitet
  • Souvent cantonnées à un rôle d’assistante, les femmes commencent depuis quelques années à se faire une place dans le monde de la magie.
  • Le festival international de magie qui se tient ce week-end à Rennes, les met en avant dans sa programmation et pas pour qu’elles jouent les rôles d’assistante.

« Si vous voulez voir une fille en bikini coupée en deux, alors ne venez pas au festival. » Gérard Souchet connaît parfaitement les clichés qui entourent la magie. C’est justement pour les tordre et montrer « toute la diversité artistique » que le magicien a fondé en 2008 à Rennes  le festival international de la magie, qui fait étape aujourd’hui dans 17 villes françaises. Chaque année, l’organisateur s’efforce ainsi de programmer des artistes féminines, qui sont encore assez rares dans le milieu. « C’est vrai que  les femmes ont souvent joué le rôle d’assistante mais les choses évoluent, reconnaît-il. Vu de l’extérieur, on peut penser qu’il n’y a pas beaucoup de magiciennes mais quand on creuse, on se rend compte qu’il y en a de plus en plus. »

Monsieur Loyal du festival, François Normag a aussi vu la profession se féminiser. « Ce n’est pas forcément facile pour une jeune fille de percer dans ce métier qui est assez fermé, indique le magicien. Mais elles s’en sortent très bien. Dans les concours ces dernières années, ce sont d’ailleurs les femmes qui raflent les meilleurs prix. Elles nous ont doublés ! » Si aucune femme n’a encore atteint la notoriété d’un David Copperfield, d’un Garcimore ou d’un Gérard Majax, certaines d’entre elles ont tout de même connu le succès à l’international comme Tina Lenert, Mahka Tendo ou Nathalie Romier. « Elles ont osé franchir le pas et donné envie à d’autres de se lancer », souligne Gérard Souchet.

« Homme ou femme, nous sommes tous des artistes »

A l’affiche de l’étape rennaise, Jaana Felicitas n’a jamais eu enfant le rêve de devenir magicienne. Danseuse contemporaine, c’est au contact de l’illusionniste allemand Topas, pour lequel elle a longtemps travaillé comme assistante, que l’artiste est tombée amoureuse de la magie. Au point de se lancer dans une carrière solo. Aperçue l’an dernier dans l’émission La France a un incroyable talent sur M6, l’Allemande ne tire pourtant aucune gloire à être une femme dans un univers encore masculin. « Homme ou femme, nous sommes tous des artistes, souligne-t-elle. Il nous faut certes plus de temps mais les femmes ont prouvé qu’elles avaient toutes leur place dans la magie ».

En minorité sur scène, la gent féminine est par contre bien présente dans le public lors des spectacles de magie. Ce qui convient très bien à François Normag. « Je préfère clairement un public féminin, assure-t-il. Car les femmes acceptent le jeu, l’évasion. Alors que les hommes sont plus dans le contrôle et la retenue, ils essaient chaque fois de chercher le truc. » Et s’il y a bien une chose qu’un magicien ne fera jamais, c’est bien de dévoiler ses secrets.

Un week-end sous le signe de la magie

Si le Covid a chamboulé toute la programmation, le plateau proposé à Rennes pour le festival international de magie a tout de même de l’allure. Outre Topas et Jaana Felicitas, le public pourra retrouver sur scène le clown belge Elastic, la troupe espagnole Mag Edgar, le mystérieux magicien belge Aaron Crow ou le jeune talent néerlandais Niek Takens. Jusqu’à dimanche au Triangle à Rennes. Infos et réservations sur le site Vivelamagie.com.