Féminicide de Mérignac : Le patron de la police confirme les sanctions proposées contre les fonctionnaires

ENQUETE Les sanctions allaient de l’avertissement à trois jours d’exclusion temporaire de fonction avec sursis.

C.C. avec AFP
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Une femme a été tuée par son mari, en pleine rue devant son domicile, le mardi 4 mai 2021 à Mérignac (Gironde)
Une femme a été tuée par son mari, en pleine rue devant son domicile, le mardi 4 mai 2021 à Mérignac (Gironde) — MEHDI FEDOUACH / AFP

Le directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux, a annoncé ce mercredi avoir confirmé les sanctions proposées mardi par les conseils de discipline devant lesquels cinq policiers ont comparu dans le cadre du  féminicide de Mérignac.  Ces sanctions, allaient de l’avertissement à trois jours d’exclusion temporaire de fonction avec sursis.

Quatre officiers et commissaires, dont le directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) de Gironde, Martin Levrel, étaient convoqués à Paris tandis que deux brigadiers l’étaient à Bordeaux. Le conseil de discipline avait proposé un avertissement contre le DDSP et trois jours d’exclusion de fonction avec sursis contre le commissaire.

Un rapport de l’IPGN avait établi des fautes et des erreurs d’appréciation

Un seul brigadier avait comparu à Bordeaux, l’autre ayant obtenu finalement un report pour raison de santé. Le conseil de discipline avait proposé contre lui une sanction du « premier groupe » qui comprend l’avertissement, le blâme et l’exclusion temporaire allant jusqu’à trois jours, selon le secrétaire régional du syndicat Alliance, Eric Marrocq. Les mêmes sanctions avaient été préconisées pour les autres officiers, à savoir trois jours d’exclusion temporaire de fonction avec sursis, selon des sources concordantes.



Le 4 mai, à Mérignac, dans la banlieue de Bordeaux, Chahinez Daoud avait été blessée par balle avant d'être immolée par le feu dans la rue par son mari violent dont elle était séparée. Déjà condamné pour des faits de violences conjugales, ce dernier, qui venait de sortir de prison, avait de nouveau menacé son épouse. Elle avait déposé une plainte deux mois avant d’être tuée. En septembre, un rapport de l’IPGN, la « police des polices », avait établi que  des fautes ou erreurs d’appréciation avaient été commises par plusieurs agents dans le cadre de ce féminicide qui avait déclenché une vague d’émotion. Dans ses conclusions, l’IGPN ne préconisait cependant pas la convocation devant le conseil de discipline, une décision prise finalement par Frédéric Veaux.