Marseille : Comment s’assurer de la sécurité sanitaire des escales maritimes, après les cas positifs à bord d’un bateau de croisière ?

CORONAVIRUS Des dizaines de passagers d’un navire de croisière ont été testées positifs au Covid et débarqués à Gênes, au lendemain de son escale à Marseille

Caroline Delabroy
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Le Grandiosa dans le port de Gênes, à la reprise du trafic en août 2020
Le Grandiosa dans le port de Gênes, à la reprise du trafic en août 2020 — MIGUEL MEDINA/AFP
  • En escale dimanche Marseille, le paquebot Grandiosa a accosté en Italie avec au moins 45 passagers positifs au Covid.
  • Alors que le retour du paquebot, en croisière européenne, est attendu dans moins d’une semaine, 20 Minutes fait le point sur ce cluster et le protocole sanitaire lié à l’activité des croisières à Marseille.

La Grandiosa sera de retour à Marseille dimanche prochain. Le paquebot de la compagnie MSC poursuit en effet sa croisière européenne, entre la France, l’Italie, Malte et l’Espagne, après avoir débarqué lundi dans le port italien de Gênes plusieurs dizaines de passagers testés positifs au Covid. Cela au lendemain de l’escale du  navire à Marseille.

Quelles sont les personnes descendues du navire à Gênes ?

La presse italienne a avancé le nombre de 150 personnes testées lundi positives au Covid-19 à bord du Grandiosa. La MSC a démenti ce chiffre, affirmant à l’AFP que 45 passagers étaient concernés, avant de reconnaître plus tard qu’il y avait d’autres croisiéristes positifs à bord du navire, sans préciser leur nombre, et ajoutant que ces derniers débarqueraient lors des prochaines escales. Contactée par 20 Minutes, la compagnie s’est refusée à plus de commentaires, sur la nationalité des personnes concernées et leur port d’embarquement.

Quel contrôle sanitaire est effectué lors des escales de croisières à Marseille ?

En cette période creuse de l’année, trois bateaux de croisière font chaque semaine escale dans la cité phocéenne. Soit en moyenne 40.000 passagers, dont environ 20 % seulement embarquent à Marseille. Entre le terminal, la compagnie maritime et le protocole national encadrant la reprise de l’activité croisière, les règles sanitaires s’additionnent. Selon Jean-François Suhas, président du club de la croisière Marseille Provence, des compagnies comme MSC Croisières et Costa Croisières sont allées bien au-delà du protocole de base édicté par l’association internationale des compagnies de croisière, dont le siège est aux Etats-Unis. « Les Italiens ont été les premiers à relancer les croisières avec des choses très strictes, explique-t-il. Les passagers sont testés trois fois durant leur semaine de croisière. Il y a des caméras thermiques, et on leur prend la température trois fois par jour. » Sans compter qu’ils doivent être tous complètement vaccinés, avoir un test négatif effectué dans les 48 heures avant le départ du navire, et se soumettre à un test antigénique au terminal d’embarquement.

Quelles sont les règles propres à Marseille ?

Le bataillon des marins-pompiers (BMPM), qui a contribué à la réalisation d’escales tests en juin dernier, déploie son fameux dispositif de surveillance des eaux usées pour chaque bateau de croisière touchant le quai à Marseille. Un échantillon est remis par l’équipage, et analysé par leur laboratoire mobile. « En fonction des résultats, les passagers sont retestés sous la responsabilité de l’armateur avant de partir en excursion », indiquent les marins-pompiers. Parallèlement à cela, l’équipe cynotechnique du BMPM est présente au moment de la descente du navire, avec ses chiens spécialement entraînés à la détection du virus. Elle « scanne » les passagers avant qu’ils embarquent dans les bus d’excursions.

Quel est le risque lors de ces escales ?

Les excursions sont organisées au format « bulle », afin de limiter les contacts entre les passagers et la population locale. « S’ils vont au restaurant, l’endroit leur est dédié, cite en exemple Jean-François Suhas. Quant aux équipages des navires, tous vaccinés, ils ont des contraintes énormes, ils ne peuvent pas descendre à terre. » « On a stoppé les croisières en 2020 pour préserver la capacité hospitalière, poursuit-il. Avec l’idée que si on a un cluster avec 100 personnes à hospitaliser, on ne saura pas faire. C’est notre doctrine. On ne va pas remplir les hôpitaux marseillais avec des croisiéristes, il n’y a aucun doute là-dessus. » Pour le moment, il tient à rapporter le chiffre de 45 passagers testés positifs à bord du Grandiosa à celui « d’un million de personnes transportées par la compagnie depuis la reprise des croisières en août 2020 ». Tout en concédant qu’Omicron pourrait vite changer son discours.