Fact-checking : Le top 10 des articles de la rubrique Fake off qui vous ont le plus intéressé en 2021

FAKE OFF Covid-19, vaccins, arnaques… Cette année a été riche en infox

Maïwenn Furic
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Le top 10 des fake news qui vous ont le plus intéressée en 2021
Le top 10 des fake news qui vous ont le plus intéressée en 2021 — ALLILI MOURAD/SIPA
  • Le Covid-19, les vaccins, mais aussi les arnaques… Un nombre important de fausses informations ont circulé en 2021.
  • Lesquels de nos fact-checkings avez-vous préféré cette année ?

Cette année, de nombreuses fake news, se sont propagées très rapidement et à grande échelle. Un bon nombre de fausses nouvelles partagées sur les réseaux sociaux a fait effet boule de neige. Chacun ajoute son petit commentaire, ce qu’il a entendu ici et là, pour donner des infox totalement absurdes.

L’épidémie de Covid-19 et plus particulièrement les  vaccins ont été particulièrement ciblés. Pas étonnant lorsque l’on voit la multitude de chiffres, tous différents, annoncés par des politiques, des médecins, des soi-disant experts… Pas facile de s’y retrouver. Et dans notre top des articles de  la rubrique Fake Off que vous avez le plus lus en 2021, beaucoup traitent du virus et des piqûres.

Alors voici un petit récapitulatif des articles qui vous ont le plus intéressé cette année.

FAKE OFF

1. Les effets indésirables du vaccin Pfizer sont-ils « plus importants » que ceux des autres vaccins ?

Le lundi 12 avril, lors d’un débat sur CNews autour des vaccins, le docteur Jean-Michel Cohen a déclaré : « On ne raconte jamais les effets secondaires du vaccin Pfizer […] Les effets indésirables de Pfizer sont plus importants que les effets indésirables des autres vaccins. » Des propos qui ont fait rapidement réagir sur les réseaux sociaux.

Si « plus important » est utilisé dans le sens de « plus nombreux », alors c’est vrai. Avec 13.485 cas comptabilisés au 1er avril 2021 pour le Pfizer contre 9.336 pour celui d’AstraZeneca et 730 pour celui de Moderna – selon les données de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) arrêtés au 1er avril 2021. Mais ce chiffre reste à relativiser par le nombre de doses utilisées depuis le début de la campagne de vaccination.

Et si « plus important » est utilisé dans le sens de « plus grave », rien ne permet de l’affirmer. Dans son dernier bilan en date au mois d’avril, l’ANSM notait que « la majorité des effets indésirables [du vaccin Pfizer] sont attendus et non graves ». Le professeur Antoine Pariente, responsable du Centre Régional de Pharmacovigilance (CRPV) de Bordeaux expliquait d’ailleurs à 20 Minutes qu’une comparaison n’était pas pertinente compte tenu de la différence entre chaque population ciblée par chaque vaccin.


2. Pass sanitaire : Oui, une clinique a refusé une patiente n’ayant pas de pass

« Je suis ambulancier et aujourd’hui, nous avons déposé une patiente dans une clinique privée pour effectuer un examen du cœur. Petit examen qui lui a été refusé [au] seul et unique motif que cette dame n’a pas pu présenter de pass sanitaire. » Voilà une affirmation qui a provoqué un scandale sur les réseaux sociaux au mois de juillet.

La société d’ambulance avait confirmé l’événement auprès de 20 Minutes : « C’est très bien qu’il poste des choses comme ça, pour que les gens voient la réalité du terrain. Il a bien emmené cette dame dans une clinique, où elle a été refusée. » Une situation jugée problématique et qui s’était déjà présentée dans certains territoires, selon la Chambre nationale des services d’ambulances. A l’époque, cette première alerte inquiétait les professionnels sur l’avenir des admissions aux soins.


3. Provence : L’huile essentielle de lavande bientôt interdite par l’Europe ?

En Provence, les lavandiculteurs se sont mobilisés cet été de crainte de voir l’huile essentielle de lavandin être interdite par l’Union européenne. La Commission européenne avait immédiatement démenti l’information auprès de 20 Minutes. La seule affirmation : « La législation européenne va être révisée avec pour objectif de mieux protéger la santé des consommateurs et l’environnement. » Des modifications en concertation avec les acteurs du secteur et notamment les producteurs. « Il n’y aura pas de propositions législatives avant fin 2022 », avait conclu la Commission.

4. Assurance-chômage : Oui, un ex-travailleur au Smic verra bien son allocation baisser de plus de 300 euros avec la réforme

Un calcul du montant de l’allocation-chômage après la réforme du 1er juillet avait suscité de vives réactions sur Facebook en avril dernier. Une affirmation qui, après vérifications, est authentique et conforme à la nouvelle méthode de calcul de cette allocation, qui est entrée en vigueur à cette date. La publication omet toutefois de préciser que le demandeur d’emploi concerné bénéficiera de cette allocation sur une durée plus longue.

« Ces nouvelles règles de calcul conduisent à indemniser moins, mais plus longtemps : 14 mois en moyenne, contre 11 actuellement. Selon les estimations de l’Unédic, dans l’ensemble, 63 % des allocataires percevront au total une indemnisation moins élevée et 23 % une indemnisation supérieure », détaillait le site Service Public. Cependant, plusieurs experts avaient expliqué que les allocataires ne vont que très rarement au bout de leurs droits. Même en augmentant leur durée d’indemnisation jusqu’à 14 mois, le gouvernement s’assure donc de réaliser des économies.


5. Les encres de tatouage interdites à partir de janvier 2022 ? Prudence !

Un message trompeur, qui affirmait l'interdiction des encres de tatouage d'ici janvier 2022, a circulé cette année sur les réseaux sociaux. En réalité, un règlement européen prévoit l’interdiction d’une vingtaine de pigments, un nouvel étiquetage obligatoire des flacons, et une limitation de certaines substances. Une nouvelle vague d’interdiction doit avoir lieu d’ici 2023, mais cette fois il s’agira de pigments « essentiels et irremplaçables ».

Comment vont-ils remplacer les pigments supprimés ? Va-t-il y avoir une solution pour ceux de 2023 dont on ne connaît pas de remplacement possible à ce jour ? Quand les nouvelles étiquettes vont-elles être mises sur le marché ? Quid des stocks déjà achetés par les tatoueurs ? Autant de questions restées sans réponses pour les professionnels. Karine Grenouille, secrétaire du Syndicat national des artistes tatoueurs, expliquait auprès de 20 Minutes que la nouvelle réglementation était calquée sur les normes en vigueur dans les cosmétiques, or c’est très différent.


6. Repas à un euro : Oui, un étudiant s’est bien vu servir une maigre portion de pâtes à Metz

En janvier, les repas servis pour 1 euro étaient mis en place dans les restaurants universitaires du pays, pour lutter contre la précarité étudiante. Le côté qualitatif du repas a été remis en cause par un post Twitter qui montrait une portion de 200 grammes de ravioli, un yaourt et une bouteille d’eau. L’étudiant de Metz notait une importante différence dans les repas depuis le passage à 1 euro.

Le Crous Lorraine estimait que l’étudiant à l’origine de la photo avait pu être victime « d’une anomalie exceptionnelle de fabrication » : « Nos pâtes faites maison sont vendues en portion allant de 250 à 300 g. »


7. Coronavirus : Gare à ce chiffre sur les effets secondaires du vaccin Pfizer avancé par Didier Raoult

Au mois d’avril, Didier Raoult avait avancé, dans une vidéo, qu’il y a 70 % d’effets secondaires avec le vaccin Pfizer-BioNTech. Le professeur expliquait s’appuyer sur un travail de la prestigieuse revue Nature. Il s’agissait en réalité du pourcentage de personnes qui ressentent une douleur à l’endroit de la piqûre suite à leur injection.

Nature s’appuie sur des données de Tom Shimabukuro, un chercheur des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), qui datent du 14 janvier. Sur près d’un million de personnes ayant participé à cette recherche, 67,7 % ont fait part d’une « douleur » après la première dose du vaccin Pfizer-Moderna et 74,8 % après la deuxième dose.


8. Coronavirus : Non, Jacques Attali n’a pas prédit, en 1981, une « pandémie » destinée à « réduire la population »

Tout au long de l’année, Jacques Attali, ancien conseiller de François Mitterrand à l’Elysée, a été accusé d'avoir prévu voire souhaité la pandémie de Covid-19. Plusieurs citations ont été partagées sur les réseaux sociaux, prétendument issues d’un entretien de Jacques Attali avec le journaliste et médecin Michel Salomon publié dans son ouvrage L’Avenir de la vie, paru en 1981.

Contacté par nos confères de l’AFP Factuel, l’ancien conseiller dénonce un texte « totalement inventé ». Si Jacques Attali s’est bien exprimé dans l’ouvrage L’Avenir de la vie, ses propos ont été totalement inventés dans les publications virales depuis quelques jours. Le texte reproduit sur Facebook n’est « en rien proche du texte initial ». Malgré ce démenti, la fake news ne semble pas s’arrêter de circuler, notamment sur Facebook, où les publications sont toujours aussi virales.


9. Coronavirus : Des centaines de morts causés par le vaccin de Pfizer ? C’est faux !

En début d’année, à partir de données de la base européenne EudraVigilance, qui compile les rapports d’effets indésirables susceptibles d’être liés aux médicaments, des internautes ont déduit que le vaccin de Pfizer et BioNTech a causé des décès, voire est plus dangereux que le Covid-19. Un tableau contenant les chiffres était devenu viral.

Interrogée par 20 Minutes, l’Agence européenne des médicaments avait réfuté les conclusions tirées par les internautes : « Le nombre total de décès et le nombre total des cas pour la conséquence des réactions [hospitalisation ou non, mort] sont incorrects et entraînent une mauvaise interprétation des données. » Surtout, l’EMA soulignait que les chiffres de la colonne décès («fatal ») « ne signifient pas nécessairement que les événements signalés ont été causés par le vaccin ».


10. Un gendarme vous convoque par mail à la brigade des mineurs ? Attention à cette campagne de spams

Si la viralité des réseaux sociaux cause la propagation des fake news, elle permet également de prévenir d'éventuelles arnaques, comme ça a été le cas en octobre dernier. Une lectrice a alerté 20 Minutes à la suite de la réception d’un mail de convocation par la gendarmerie en raison d’une prétendue affaire en cours. L’auteur du message invitait à cliquer sur la pièce jointe pour lire la convocation.

Il s’agissait en réalité d’une arnaque. « Si des faits d’une telle nature vous étaient reprochés, les gendarmes se rendraient directement à votre domicile et ne vous convoqueraient pas par mail », avait expliqué la Gendarmerie nationale.