Harcèlement : Avant son décès, la Youtubeuse MavaChou avait porté plainte

DRAME Le décès de la jeune femme de 32 ans a été annoncé jeudi sur les réseaux sociaux, entraînant une vague de regrets dans la communauté qui la harcelait

X.R. avec AFP
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Les messages postés sous les vidéos de la Youtubeuse étaient souvent violents. (Illustration)
Les messages postés sous les vidéos de la Youtubeuse étaient souvent violents. (Illustration) — Clément Follain / 20 Minutes

Le décès mercredi en fin de journée de la Youtubeuse MavaChou, de son vrai nom Maëva Frossard, a secoué la bulle des réseaux sociaux. L’annonce de sa mort a été faite jeudi sur son compte Facebook dans un « post validé par sa famille » qui ne précisait pas les causes de sa mort et demandait de « ne pas chercher à en savoir plus ». La jeune femme de 32 ans, mère de quatre enfants et connue pour relater depuis des années sa vie en vidéo, était la cible de violentes attaques sur internet.

« Une plainte a été déposée au nom de Maëva et de son nouveau conjoint pour harcèlement moral et provocation au suicide contre son ex-mari et contre X. Malheureusement la plainte est partie le jour de son décès », a indiqué ce dimanche Me Stéphane Giuranna, avocat à Epinal, confirmant une information du quotidien Vosges Matin. Selon Me Giuranna, « MavaChou », qui comptait 151.000 abonnés à sa chaîne YouTube, 38.000 sur Facebook et 90.000 sur Instagram, avait déjà, en raison des attaques la visant sur internet, déposé  cinq plaintes directement au commissariat depuis mai 2020, « mais elles n’avaient rien donné ».

« Un homicide des temps modernes »

« Aujourd’hui, pour moi, cela s’apparente à un homicide des temps modernes. Vous pouvez tuer quelqu’un avec quelques paroles, des fausses informations et du harcèlement », a considéré l’avocat. Celui-ci compte maintenir la plainte, celle-ci ayant été déposée également au nom du nouveau compagnon de la YouTubeuse. « Il faut absolument que les pouvoirs publics réagissent, durcissent les législations, donnent les moyens aux services d’enquêteurs d’identifier les harceleurs qui sont des lâches, écrivent derrière leur écran et se sentent tout puissants, il faut que la peur change de camp », a ajouté Me Giuranna.

Sur les réseaux sociaux, les comptes les plus actifs dans ce harcèlement ont été supprimés par leurs propriétaires, quand d’autres ont fait la sourde oreille. Une partie de la communauté a aussi exprimé ses regrets. Contacté dimanche, le parquet d’Epinal n’a pas répondu dans l’immédiat.